Réflexions personnelles sur la terrariophilie

Les pratiques aberrantes, l’évolution de la terrario, les bonnes et mauvaises pratiques que l’on peut voir, ici ce sont des articles sur des réflexions personnelles sur la terrariophilie que j’ai envie de partager. Ces opinions n’engagent bien sûr que moi, mais n’hésitez pas à venir débattre intelligemment :)

Guttatophiles se lance dans un grand projet ! Je suis en contact avec un laboratoire afin de mettre en place un test ADN pour Pantherophis guttatus. Le but serait de savoir si un spécimen est issu d’hybridation ou non.

Pour réaliser ce test, il suffirait d’envoyer une mue. À partir de celle-ci, le laboratoire identifierait des marqueurs ADN propres à l’espèce, et les compareraient à ceux de spécimens « de référence », des spécimens sauvages. Ainsi, nous pourrions savoir si le Gutt testé correspond à ce génome de référence, et si non, c’est qu’il est issu d’hybridation.

Dans l’idéal, en cas de résultat incomplet et donc d’hybridation, il faudrait pouvoir comparer le génome avec celui d’autres espèces pour savoir avec laquelle l’hybridation a eu lieu. C’est également en projet, mais obtenir les mues de spécimens sauvages d’espèces autres que Pantherophis guttatus est un peu plus complexes étant donné qu’elles sont moins courantes.

Quel intérêt de mettre en place ce test ?

Le but serait pour les éleveurs de certifier la « pureté » de leurs spécimens. Ils pourraient ainsi assurer aux acheteurs que leurs reproductions sont celles de Pantherophis guttatus pure souche.

De plus, l’objectif serait que, par recoupement d’informations, on puisse déterminer si une mutation est issue d’hybridation ou non. Pour cela, les personnes ayant fait tester leurs animaux seraient invités à communiquer les résultats, via un groupe Facebook dédié par exemple.

Pourquoi faire ça sur des Gutt, une espèce très courante et déjà « pourrie » génétiquement ?

Ce n’est pas parce que c’est une espèce souvent conseillée aux débutants et hyper commune en terrariophilie qu’il faut faire n’importe quoi avec. Des spécimens sont toujours prélevés et importés, avec pour excuse que c’est pour compenser l’hybridation et la consanguinité massives dans cette espèce en captivité.

L’éthique d’élevage chez les terrarios éviterait que l’on ait encore à prélever des spécimens pour une espèce aussi commune. C’est un autre travail de fond de sensibilisation. La mise en place de ces tests permettrait aux éleveurs attachés à cette éthique de se distinguer en proposant des spécimens non issus d’hybridation, de manière certifiée et sans passer par du prélèvement. Des puristes existent également chez les Gutts 😉 Ils pourraient ainsi choisir leurs spécimens et leurs mutations en fonction de ce critère. Cela permettrait également de faire un point sur la situation des Gutts en captivité, voir si l’hybridation est si présente que cela.

De plus, cela permettrait officiellement d’indiquer si telle ou telle mutation est issue d’hybridation. Beaucoup de mutations sont suspectées, sans preuves pour ou contre.

Enfin, les Gutts étant courants, les personnes intéressées peuvent être nombreuses. Si un « marché » se créé dans ce sens, cela peut inciter des professionnels à mettre en place davantage de tests, pour d’autres espèces également. Mais aussi sensibiliser largement sur l’hybridation et le suivi des souches. Si ce test est réussi, cela peut être une porte pour d’autres espèces.

 

Vous êtes intéressé(e) par ce test ? Dites-le en remplissant ce sondage ! Il nous permettra de faire pression sur le laboratoire pour le réaliser, et me motivera d’autant plus à mener ce projet à bien.

N’hésitez pas à partager cet article sur les groupes Facebook afin d’informer le plus de personnes intéressées possible.

Je pense que la plupart des terrariophiles (du moins ceux qui se sont posés la question) sont d’accord pour dire que notre passion est égoïste, tout comme peut l’être l’aquariophilie ou la détention d’autres animaux dans des milieux confinés : nous enfermons des animaux hors de leur milieu naturel pour notre plaisir de les observer. C’est d’ailleurs un argument souvent avancé par les opposants à la terrario.

À cela ceux qui y ont pensé disent souvent : justement je vais essayer d’apporter à cet animal qui n’a rien demandé un milieu de vie le plus proche de son environnement naturel et le plus agréable pour le temps qu’il a à y passer.

D’ailleurs la définition de la terrariophilie de Wikipédia est la suivante :

« La terrariophilie consiste à maintenir, voire à faire se reproduire, certaines espèces animales et/ou végétales en imitant leur biotope dans un espace appelé terrarium ou vivarium de taille adéquate en fonction de l’espèce. Elle présente en ce sens de grandes similitudes avec l’aquariophilie. »

« en imitant leur biotope » est pour moi la notion la plus importante dans cette définition. Or leur biotope ce n’est pas seulement une température ou un nourrissage. C’est le substrat, les plantes. Donc pourquoi autant de racks, de décorations en plastique, de terrariums trop petits ?

De même la terrariophilie est souvent une passion de l’animal. Pourquoi certains terrariophiles s’obstinent-ils donc à donner du vivant quand ce n’est pas nécessaire ? Ou à tuer les souris avec une méthode barbare de type « éclatage de crâne contre la table » ? La souris étant nourriture, elle n’a pas le droit à une mort décente et sans souffrance ?

Ceci est donc une réflexion personnelle sur la terrariophilie actuelle, ce qu’il serait idéal qu’elle devienne et comment tous s’impliquer pour la changer.

Je vous renvoie notamment vers le très bon article de la société herpétologique de France : http://lashf.org/wp-content/uploads/2016/10/terrariophilie-ethique-SHF.pdf

Les dérives actuelles de la terrariophilie

Malgré une « passion de l’animal », on constate bien souvent des comportements qui ne mettent pas l’animal au centre de l’attention. Chacun semble faire ce qu’il veut, sans considération pour son impact sur la vie de l’animal ou sur celle d’animaux sauvages, ou sans même simplement se renseigner correctement. Ceci se traduit par :

  • L’achat de WC pour des espèces courantes
  • Le pillage de certaines espèces menacées pour la terrariophilie
  • La consanguinité à foison
  • L’hybridation
  • La reproduction à outrance pour l’argent
  • Les racks et terrariums trop petits
  • Le sur-nourrissage
  • La mise à mort barbare des souris
  • La manipulation à outrance
  • Les achats spontanés de personnes non renseignées
  • La relâche dans la nature de spécimens, nuisant à la biodiversité française
  • La maltraitance
  • Les informations divergentes qui perdent les neophytes et conduisent à des maintiens dangereux pour l’animal
  • Un effet de mode, de « celui qui a la plus grosse »

L’achat de WC pour des espèces courantes

Les Pythons regius sont encore largement prélevés et vendus, souvent pour moins cher que des spécimens NC. Leur quota d’export pour le seul Togo est de 64000 spécimens par an ! La France est d’ailleurs le premier importateur européen. Pourtant, est-ce une espèce rare ? Loin de là ! Pourquoi donc continuer à prélever et surtout à acheter du WC ?

Il peut y avoir plusieurs réponses, dont les principales sont : essayer de trouver un nouveau gène inconnu, et compenser la consanguinité à foison présente dans les souches en captivité… Pourtant ce pillage diminue la présence de l’espèce dans la nature, et sur tous les spécimens prélevés et importés, combien survivent ? Car un spécimen prélevé est souvent plus délicat à garder, plus stressé, parasité, et un débutant l’achetant pour le prix ne tiendra sûrement pas l’animal… D’ailleurs les fameux acariens sont exotiques et infestent souvent les regius prélevés, et non pas les branches ou écorces que l’on peut récolter en France.

Idem pour les Gutt, pourquoi acheter du WC ? Si les lignées étaient correctement suivies, si les éleveurs professionnels ou amateurs évitaient la consanguinité et l’hybridation, les prélèvements ralentiraient peut-être. Arrêtons d’acheter du WC pour des espèces ultra-communes, cela évitera des décès inutiles de ces animaux.

Reste la fameuse question de l’argent… Essayer de trouver une mutation encore inconnue pour la vendre cher… La terrariophilie devrait à mon sens rester une passion, pas un business.

Pillage de certaines espèces menacées pour la terrariophilie

Quand la terrariophilie impacte directement les populations sauvages… C’est le cas avec le Lygodactylus williamsi, déjà en danger dans la nature, qui est passé en danger critique d’extinction à cause des prélèvements pour satisfaire la demande des passionnés. Plutôt que d’attendre une croissance de l’offre NC, les gens en ont voulu à tout prix ce qui a augmenté ses prélèvements alors que l’espèce était déjà en danger du fait de la déforestation. L’espèce est désormais soumise au CDC, mais des spécimens circulent-ils sur le marché noir ou sont-ils à présent victimes de braconnage ?

Lygodactylus-williamsi

Photo d’un Lygodactylus williamsi

C’est également le cas du Smaug giganteus, qui de part son look de dragon est très recherché, et se vend de 1000 à 3000€ selon les pays. Sauf que cette espèce est menacée, sa reproduction en captivité est quasi inexistante, il lui faut un milieu de vie et une taille d’enclos spécifique et pourtant les terrariophiles en cherchent constamment, alimentant sans le vouloir un réseau de prélèvements illégal. La plupart des spécimens disponible sur le marché de la terrario sont souvent des spécimens prélevés illégalement et avec de faux papiers, les seules reproductions de cette espèce étant faites pour le moment en parc zoologique.

Plutôt que de se ruer à tout prix sur une espèce rare encore non reproduite en captivité, laissons les experts de ces espèces se charger de les reproduire en toute légalité, plutôt que de financer les prélèvements illégaux.

La consanguinité à foison

Toujours pour satisfaire cette soif de nouveauté, de sélection, de mutations, la consanguinité est lot commun dans de nombreux élevages.

Le père avec la fille, les frères et sœurs ensemble… Pourquoi accepter d’appliquer aux animaux ce que nous ne tolèront pas chez nous ? Cela ne montre-t-il pas que les droits des animaux sont encore loin d’être acquis, qu’ils se qualifient en valeur marchande ? Car le seul but de la consanguinité est d’accélérer des processus de sélection ou de création de mutations. Ce mauvais brassage génétique augmente beaucoup les risques d’apparition de tares génétiques de type wobble chez le regius et stargazer chez les Gutt. Et ces tares, détectées trop tard, sont déjà répandues dans les différentes lignées produites rapidement pour faire de l’argent… Ce qui cause le problème du spider chez le regius notamment, où de nombreux spécimens sont porteurs de la tare.

Il est souvent dit par les éleveurs que la consanguinité sur une ou deux générations n’a pas vraiment d’impact… Pourtant, cela participe à l’appauvrissement du brassage génétique de nos lignées en captivité. Si les Zoos ont un suivi important des animaux et des couples qui sont fait, c’est justement pour garder ce brassage génétique et pouvoir un jour utiliser les lignées captives pour réintroduire des espèces. Les espèces élevées dans le cadre de la terrariophilie ne pourront sûrement pas servir à ce but si elles sont trop impactées par la consanguinité et l’hybridation.

L’hybridation

Je distingue deux types d’hybridation : l’hybridation volontaire, et l’hybridation involontaire.

L’hybridation volontaire est faite par une personne qui sait qu’elle accouple deux espèces distinctes. Elle fait ça pour « voir ce que ça donne », et dans certains cas, espérer sortir un gène ou une couleur nouvelle. Ces hybrides sont parfois assumés, vendus en tant que tels, et parfois ils sont accouplés à nouveau à une des deux espèces pour atténuer les marqueurs d’hybrides, et ne garder que la mutation. Ainsi, ils peuvent vendre cette « nouvelle mutation » plus chère… Pourquoi vouloir jouer à dieu ? Le minimum lors de la naissance d’hybrides est au moins de les indiquer en tant que tels. Les Pantherophis sp Scaleless sont à présent vendus comme du P. guttatus pur, alors que cela reste de l’hybride avec P. emoryi ! Malgré que Richard Dijoux, le « créateur » de la mutation, ne l’ai clairement indiqué à la base et qu’il continue d’indiquer Pantherophis sp !

L’hybridation involontaire est faite par une personne mal renseignée qui ignore qu’elle avait deux espèces différentes. C’est un risque certain avec ce fameux terme « Elaphe » qui continue à être utilisé ! On voit ainsi des Pantherophis guttatus et Pantherophis obsoletus, voir P. guttatus et E. climacophora dans le même terrarium, parce que pour le débutant qui ne distingue pas encore les espèces, cela leur a été vendu comme des « Elaphes » ! Ainsi, des hybrides voient le jour, et peuvent être vendus comme « Elaphe » à d’autres débutants, perdant ainsi les lignes « pures »…

Les racks et terrariums trop petits

Je prends beaucoup pour exemple les Gutt, mais c’est l’espèce que je connais le mieux et que j’ai chez moi donc… Combien de fois voit-on passer des terrariums de moins d’un mètre abritant un voire plusieurs spécimens de plus d’1m20 ? Quand ce n’est pas des 45x45x45 pour un spécimen adulte sur leboncoin… Si je conçois l’utilisation des racks pour les professionnels de l’élevage, pourquoi les particuliers se mettent-ils autant à en avoir, si ce n’est pour accumuler le plus de spécimens dans un minimum d’espace dans un but de reproduction ? Lorsque l’on ne voit plus les animaux que l’on maintiens, est-ce encore de la passion ? Ici même l’argument des anti-terrarios comme quoi on les enferme pour les observer ne tient plus…

Et si l’argument pour les regius est souvent qu’ils mangent mieux en rack, il me semble que c’est le maintien qui est encore à revoir. Les Pythons regius dans la nature vivent dans des terriers, ce que les racks pourraient tendre à reproduire. Mais un terrarium avec assez de cachettes et reproduisant ces terriers a le même résultat, en plus d’être plus esthétique et de permettre à l’animal de bouger un peu plus.

Les suisses ont notamment carrément une loi indiquant une taille minimale de terrarium pour chaque espèce ! Tout comme il y est indiqué qu’il faut essayer de reproduire au mieux l’environnement naturel de l’animal.

La mise à mort barbare des souris

Parce que les souris sont nourriture, elles n’ont pas le droit à une mort digne ? Combien de personnes donnent du vivant juste parce que leur serpent a refusé un seul repas ? Ou par plaisir de voir la souris se faire étouffer ? 90% des serpents en captivité ne font pas la différence entre une souris morte et vivante ! Le vivant ne devrait rester qu’un cas vraiment extrême et rare, pour le démarrage d’espèces vraiment compliquées par exemple.

De plus, des personnes faisant un élevage ou tuant elles-mêmes les souris utilisent des méthodes que l’on peut qualifier de barbare. Taper la souris contre une table ? Pensez-vous que c’est sans stress et indolore ? Le congélateur les « endormirait », mais qu’en est-il de la sensation de froid ? Est-ce vraiment indolore ? Le CO2 provoquerait une sensation d’étouffement, il faudrait apparemment commencer par étourdir à l’oxygène.

Devant les multiples manières possibles, il faudrait étudier quelle méthode est vraiment indolore pour apporter une mort rapide et sans souffrance à la souris, et ne diffuser que celle-ci. Ce n’est pas parce que la souris finira dans tous les cas dans le ventre du serpent qu’elle n’a pas le droit à une mort sans douleur.

La manipulation à outrance

Un reptile n’apprécie pas la manipulation, il la tolère ! C’est une source de stress chez eux, regardez la respiration d’un serpent lorsque vous le prenez en main sans qu’il l’ait décidé. Combien de personnes cherchent des reptiles faciles à manipuler ?

Beaucoup de gens font de l’anthropomorphisme : ils appliquent aux animaux des sentiments humains. « Je veux un copain pour mon serpent parce qu’il s’ennuie », « Mon lézard est triste quand je pars ». Les reptiles ont surtout les émotions liées à l’instinct de survie : peur, stress, pour pouvoir réagir en cas de danger.

Si vous voulez faire de l’anthropomorphisme, inversez-le. Que ressentiriez-vous si quelque chose de cent fois plus grand que vous viendrai vous retirer de votre lit ou vous interrompre dans votre activité, vous enlèverai à la chaleur, juste pour vous regarder et vous replacer après, comme un bibelot que l’on observe ? Peut-être du stress non ?

La manipulation devrait rester ponctuelle, pour des besoins spécifiques comme déplacer l’animal le temps d’un nettoyage, pouvoir l’observer en cas de maladie ou blessure. Mais beaucoup manipulent leur reptile par plaisir, pendant trop longtemps et plusieurs fois par semaine…

Les achats spontanés de personnes non renseignées

Combien de fois avons-nous vu sur des groupes Facebook ce genre de post : je viens d’acheter ce serpent/lézard, pourriez-vous me dire comment m’en occuper ? Se renseigner AVANT l’achat d’un animal est obligatoire ! Il ne suffit pas d’écouter les conseils d’un animalier qui, s’il n’est pas spécialisé ne vous donnera que des conseils de base, et parfois faux. Des gens revenant d’animalerie se retrouvent parfois avec des terrariums ou des systèmes de chauffage pas adaptés. C’est pourquoi se renseigner et croiser les sources est indispensable.

La relâche dans la nature de spécimens, nuisant à la biodiversité française

Le tout petit lézard que vous aviez acheté bébé fait maintenant 80cm et vous n’avez pas la place ? Vous déménagez et n’avez pas la place d’emmener votre compagnon à écailles ? Au bout de 6 mois vous avez fait le tour de votre quotidien avec votre reptile et vous en avez marre ?

Sauf que vous ne trouvez personne pour acheter votre Gutt classique ou votre pogona. Dans ce cas pourquoi ne pas le mettre dans la nature, où il aura de la place et pourra peut-être survivre ?

Parce que :

  • Votre animal risque de ne pas survivre, du fait de températures trop froides pour certains
  • Cela risque d’impacter la biodiversité française s’il arrive à s’adapter, en prédatant les proies de nos espèces autochtones, qui sont déjà assez en danger sans avoir besoin de concurrence supplémentaire.

Ça a été le cas de la fameuse Tortue de Floride, importée en masse il y a quelques années, relâchée dans les étangs, les rivières, et mangeant les proies de notre propre tortue d’eau locale : la cistude d’Europe. Celle-ci est d’ailleurs protégée et devenue rare en France.

cistude d'europe

Les Gutt pourraient très bien à terme devenir une concurrence sévère pour nos serpents français. Ils pourraient très bien survivre à l’hiver dans le sud de la France. L’Orthiophis taenirius est déjà reconnue espèce invasive en Belgique, où elle est parvenue à se reproduire dans la nature.

Les informations divergentes qui perdent les neophytes et conduisent à des maintiens dangereux pour l’animal

« Je maintiens un couple ensemble à l’année », « Je garde mes Gutt sans problème à température ambiante », « J’ai un Python et un Boa dans le même terrarium sans problème »… On voit malheureusement assez souvent ces phrases sur des groupes, pour conseiller des débutants. Or ça peut causer de nombreux problèmes ! Car ce qui marche pour une personne ne fonctionnera pas pour les autres, les conditions peuvent être très particulières, etc. Et du coup le débutant est perdu quand des débats s’amoncellent sur son post.

Rien que le fait de conseiller à un débutant de maintenir plusieurs spécimens dans le même terrarium peut amener des problèmes comme une rétention d’œufs, une reproduction non prévue car mauvais sexage, difficulté de détecter quel animal a régurgité… Voir ophiophagie quand les deux spécimens étaient en fait un lampro et un gutt… Deux « Elaphe » !

La terrariophilie idéale ?

Qu’est-ce qui ressort de tout ça ? Que les informations sont dispersées, chacun fait un peu ce qu’il veut dans son coin, la consanguinité et l’hybridation deviennent monnaie courante, et on retrouve de plus en plus de reptiles dans des conditions déplorables sur leboncoin…

Bien sûr les professionnels sont aussi à blâmer, car ce sont eux qui ont le plus d’impact surtout auprès des débutants. Comment faire passer le message que ce n’est plus « Elaphe guttata » quand certains pro continuent à l’afficher ? Comment faire accepter qu’un rat par semaine pour un Gutt adulte est du sur-nourrissage quand c’est ce qui leur a été conseillé ? Comment faire comprendre qu’un aquarium n’est pas idéal quand c’est ce que l’animalerie leur a conseillé ?

Il serait peut-être temps de lancer des projets communs, d’uniformiser la terrariophilie en donnant des informations de référence et agissant ensemble. Avec une terrariophilie unifiée, les animaleries auraient également des informations de référence à diffuser à leurs clients. Il serait temps de remettre le bien-être de l’animal au centre de notre passion avant l’argent, et de prendre conscience de l’impact de notre passion sur la faune sauvage pour pouvoir la limiter.

Comment participer à une telle terrariophilie ?

  • Ne pas acheter un animal sur un coup de tête, et encore moins du WC
  • Privilégier l’achat de spécimens NC, même si ça peut être plus long
  • Essayer de vraiment reproduire le milieu naturel de son animal
  • Essayer de limiter l’impact de notre passion à tous niveaux
  • Apporter une taille de terrarium adaptée
  • Toujours se renseigner avant l’achat d’un animal
  • Communiquer sur notre passion, pour non pas convaincre des gens de s’y mettre, mais s’assurer que ceux qui veulent un reptile le fassent correctement et pour les bonnes raisons
  • Limiter le sur-nourrissage, communiquer sur des délais de nourrissage plus proches des habitudes naturelles
  • Éviter la consanguinité
  • Rassembler les bonnes informations sur une plateforme unique
  • Ne pas faire d’hybridation volontaire, et toujours bien indiquer lors d’une vente qu’un spécimen est hybride
  • Ne pas agresser les novices pour leurs questions bêtes mais bien les renseigner
  • Ne pas commenter sur Facebook quand on ne sait pas…
  • Accepter d’avoir tort et de faire évoluer ses pratiques

Les groupes Facebook deviennent les principaux lieux d’échange et de renseignement, assurons-nous qu’ils restent cordiaux, et que les bonnes informations y sont diffusées.

Pour unifier la communauté terrariophile, une fédération française de la terrariophilie est en projet. Son objectif est non pas d’imposer ses règles à tout le monde, mais simplement de regrouper les informations, soutenir les initiatives individuelles et d’associations, et pouvoir peser auprès des institutions officielles. L’aquariophilie a une fédération, pourquoi pas nous ?

Le projet a des difficultés à avancer à cause d’un manque de participation et d’investissement. Si vous souhaitez participer à ce projet, avoir une terrariophilie plus éthique et plus unifiée, rejoignez la page et n’hésitez pas à proposer vos idées 🙂

Et agissez au quotidien dans le cadre de votre passion pour limiter son impact sur l’environnement.

Un dernier lien, la charte pour une terrariophilie respectueuse de la biodiversité et du bien-être animal proposée par la Société Herpétologique de France, qui devrait à mon sens être plus largement diffusée et adhérée.

N’hésitez pas à partager cet article pour diffuser cette vision de la terrariophilie si elle vous correspond, et discutez en commentaires d’actions à mettre en place 🙂

Question bête ? Pourtant on peut se poser la question lorsque l’on voit les réactions de certaines personnes sur les réseaux sociaux. Les terrariophiles savent déjà de quoi je parle.

Les propriétaires de reptiles ont parfois leur animal de compagnie à écailles sur leurs photos de profil. Et cela génère des réactions incongrues sur des groupes animaliers non liés aux reptiles.

Un chaton est à donner et un terrariophile se propose car il cherche un nouveau compagnon ? Attention c’est pour nourrir le serpent !
Un rat cherche un nouveau propriétaire ? Un oiseau malade est à confier ? Attention, éleveurs de serpents proscrits !

Et ne parlons même pas des annonces leboncoin où lorsque l’on cherche « serpent », il y a à présent presque plus d’annonces pour les hamsters, rats et chatons que d’ophidiens, à cause des gens qui se sentent obligés de préciser « propriétaires de serpent s’abstenir ».
Faisons donc un point sur ces idées.

Tous les propriétaires de serpents cherchent d’autres animaux de compagnie (chatons, hamster, rats) pour nourrir leurs animaux

Non !
Les serpents en captivité sont principalement nourris avec des souris ou rats déjà morts, le plus souvent congelés, pour leur éviter le stress et la douleur de la mise à mort pas vraiment instantanée des serpents constricteurs. Les rongeurs de type rat et souris sont les plus susceptibles d’être recherchés comme nourriture dans des annonces, mais des terrariophiles ont aussi des rats de compagnie ! Avoir des serpents et des rats de compagnie n’est pas incompatible…

Tous les propriétaires de serpents n’ont que ces animaux chez eux, ils n’aiment que ces bêtes à sang froid

Non !

Les propriétaires de serpents et même de reptiles sont le plus souvent des amoureux de tous les animaux. Ils ne limitent simplement pas leur amour des animaux aux mammifères et s’intéressent aux modes de vies des reptiles. La plupart des terrariophiles ont d’ailleurs d’autres animaux chez eux : chiens, chats, oiseaux, poissons, rats… Qui ne servent pas de nourriture !

Les propriétaires de serpent sont tous des sadiques qui aiment voir leurs serpents tuer des animaux vivants

Non !

Énormément de propriétaires de serpents nourrissent avec des proies mortes, le plus souvent congelées. Les terrariophiles sont souvent des gens amoureux des animaux et qui limitent les souffrances animales, pourquoi donc donner une mort lente et douloureuse à la souris ? Le nourrissage au vivant est souvent déconseillé par la communauté terrariophile, et n’est faite qu’en tout dernier recours dans le cas d’un animal ne se nourrissant plus depuis des mois ou pour certaines espèces délicates.

Est-ce qu’une minorité de propriétaires de serpents donnent des chatons à leurs gros serpents ? C’est possible. Car l’humanité est diversifiée, et que la bêtise existe partout. Elle existe également chez les propriétaires de chats, vous savez ceux qui ne stérilisent pas leur animal et noient ou mettent au congélateur les nouveau-nés à la naissance ?

Et les propriétaires de chiens qui les frappent, leurs tirent dessus à la chasse ou les estropient ? Faites du bénévolat à la SPA pour vous rendre compte des infamies infligées à ces animaux par des non propriétaires de serpents.

Loin de moi l’idée de dédramatiser la pratique de donner un chat à un serpent, mais simplement de faire relativiser et faire comprendre que ce n’est pas un comportement lié à la terrariophilie, mais à la seule bêtise de certains. Et que cette maltraitance des chats n’est pas une spécificité des terrariophiles

Condamner tous les terrariophiles pour les bêtises, toujours sanctionnées par la communauté, de quelques personnes stupides est-il vraiment raisonnable ?

Cela amène à ce que l’on voit sur leboncoin, ou sur Facebook, où les propriétaires de serpents se voient refuser le droit d’avoir des animaux de compagnie à cause d’idées préconçues et de préjugés. Comme dans tous les domaines, il faut apprendre à ne pas juger au premier regard et à se renseigner.

Donner ou vendre un animal n’est pas un acte à prendre à la légère. Tout comme les vendeurs de reptiles se renseignent sur le futur acheteur, pour s’assurer qu’il a les connaissances et le matériel adéquat, les vendeurs de chats, rats et autres doivent faire de même. Posez-vous les bonnes questions : la personne a-t-elle déjà d’autres animaux chez elle ? A-t-elle bien déjà acheté la litière, panier, nourriture et autres équipements ?

Discutez avec les terrariophiles, vous vous rendrez compte qu’en grande majorité, ce sont simplement des amoureux de la nature et des animaux.

Et en tant que tel, ils respectent les modes de vie de leurs animaux. Les serpents ne sont pas végétariens, certaines espèces sont insectivores ou piscivores mais elles sont rares. Nous sommes donc obligés de nourrir avec des souris d’élevage, en majorité déjà mortes pour leur éviter une souffrance inutile. Tout comme les chats mangent des souris, oiseaux, lézards et taupes lorsqu’ils ont la possibilité d’aller dehors, impactant d’ailleurs la biodiversité française.

Saviez-vous d’ailleurs qu’une étude était en cours par le Museum d’Histoire Naturelle pour mesurer l’impact des chats de France sur la biodiversité ? N’hésitez pas à y participer.

Un dernier message pour les terrariophiles : les personnes visées par de tels préjugés sont de plus en plus nombreuses, et l’envie est grande pour les terrariophiles de répondre vertement aux commentaires désagréables. Mais ne participez pas à cette image des terrariophiles sadique. Si pour vous répondre « Votre chaton est disponible ? C’est pour nourrir mon boa » est de l’humour, pour les personnes en face ce n’en est pas, d’autant plus sur internet et les réseaux sociaux où le premier degré règne en maître… Essayez de répondre et débattre avec la personne, sans être agressive. Soyons meilleurs que nos détracteurs 🙂

En espérant vous avoir fait réfléchir sur l’image des terrariophiles. N’hésitez pas à explorer le site d’ailleurs pour voir toutes les informations que les propriétaires de serpents prennent en compte pour le bonheur de leurs protégés. N’hésitez pas également à échanger vos points de vue intelligemment dans les commentaires 🙂

Avouons-le, la terrariophilie est loin d’être une passion positive sur l’environnement. Prélèvement d’animaux, consommation supplémentaire d’électricité pour les terrariums, plus la consommation d’essence pour nous déplacer en bourses ou aller chercher une bête…

Non je ne vais pas vous dire d’arrêter la terrario ! Cet article a juste pour but de donner un avis personnel et des pistes pour au moins diminuer l’impact de notre passion à notre échelle sur l’environnement. N’hésitez pas à donner votre avis en commentaires 🙂

Les marques de terrariophilie, un impact écologique ?

Les marques proposant des produits « spécial » terrariophilie participeraient-elles à l’impact de notre passion sur l’environnement ? Ici il n’est nul question de diaboliser les marques, mais de faire réfléchir sur notre consommation dans le cadre de notre passion 😉

Les décorations pour terrariums, entre plastique et bilan carbone

Commençons par les branches de mangroves, aussi utilisées en aquariophilie. Vous êtes-vous demandé d’où elles venaient ? La mangrove est un écosystème aquatique, basé sur des arbres poussant directement au bord des rivières, fleuves et mers. Ces écosystèmes sont tropicaux, ils se trouvent notamment en Amérique du Sud et en Afrique. Les racines de mangrove que l’on trouve en magasin ne viennent donc pas vraiment de tout près, elles ont pris l’avion et on ignore les conditions de récolte de ces racines (en plus du fait que ça coûte un bras). Donc ok c’est naturel, mais pas vraiment écolo.

Quelle alternative me direz-vous ? Il y en a plusieurs :
– Vous avez un jardin ? Servez-vous-y quand vous taillez vos arbres
– Récupérez également les branches que l’on trouve au printemps quand les jardiniers des communes élaguent les arbres
– Les ceps de vignes font des troncs superbes pour grimper et font un peu exotiques. Dans certaines régions, ils sont vendus comme bois de chauffage en gros et pour pas cher !
– Regardez leboncoin. Des racines de mangrove ou des branches « spécial terrario », il y en a souvent. En achetant d’occasion c’est toujours une racine de moins que vous aurez fait venir de l’autre bout du monde. Désinfectez-bien pour enlever les traces de l’ancien locataire et voilà !
– Dernière solution : la forêt ! Plein de branches, écorces variées et gratuites. Sauf que… c’est souvent interdit, gare à vous si un garde-forestier vous surprend. Privilégiez donc les ramassages sur des terrains privés (avec autorisation bien sûr), les tas de bois regorgent d’éléments intéressants et on ne vous refusera souvent pas une branche ou un bois de bois destiné à la décharge.

Ces solutions vous permettront à la fois d’économiser et de réduire l’impact écologique notamment du transport. Eh oui, rendre la terrario écolo ce n’est pas bobo, ça impacte aussi positivement votre budget en plus de l’environnement 😉

Même chose pour les décos en plastique ! Vous le savez, le plastique est créé à partir du pétrole, et n’est pas vraiment biodégradable. Les décorations plastiques du commerce ne se recyclent pas non plus ! Alors que les écorces, feuilles, branches du dehors sont biodégradables, renouvelables, et elles apportent des odeurs naturelles qui stimuleront vos reptiles. À chaque nouvel élément extérieur ajouté dans mes terrariums, mes Gutt viennent rapidement analyser les nouvelles odeurs. De quoi les détourner un peu de leur quotidien !

Les substrats, destructeurs d’écosystèmes ?

Les terrariums naturels sont en grand essor. Une bonne nouvelle ! La terrario consiste après tout à reconstituer les conditions de vie naturelles de nos animaux. Par contre, la tourbe blonde est de fait de plus en plus utilisée comme composant des substrats de ces terrariums naturels.

Or la tourbe blonde est une matière fossile, au même titre que le pétrole. C’est-à-dire que la tourbe est issue de milliers d’années de fossilisation de végétaux dans un milieu humide. Donc comme le pétrole, les ressources de tourbes sont limitées. De plus, la tourbe est récoltée dans les tourbières, un écosystème acide fragile qui abrite une faune et une flore spécifiques à ce milieu, et donc mis en danger par l’exploitation des tourbières.

Quelle alternative ?
– Un terreau bio classique sans engrais convient parfaitement.

– L’humus de coco, même s’il n’est pas local, ne demande pas la coupe d’arbres ou la destruction d’un milieu fragile, et possède également une bonne rétention d’eau.

La consommation électrique

Eh oui, la consommation électrique est difficile à ne pas impacter dans notre passion. Et là, pas 36 solutions…

La seule que j’ai trouvé pour l’instant, c’est remplacer les ampoules E** T**** 50W par des ampoules Philips 29W trouvées à Action. Leur durée de vie est un peu moins longue, mais elles sont aussi moins chères et consomment moins.

Dans un monde idéal, mes terrariums seraient alimentés par des panneaux solaires, mais pour le moment c’est une belle utopie !

Pour l’éclairage, dans le cas des serpents qui ne nécessitent pas d’UV, un simple éclairage led suffit. Il existe les bandes led 2W d’Ikea, mais dans le cas de terrariums plantés, où une bonne dose de lumens est nécessaire à la croissance des plantes, il faut souvent augmenter la puissance. Cela reste moins consommateur que les ampoules chauffantes, pour 10W vous trouverez des spots qui iront très bien pour la croissance de vos plantes.

Pour les lézards nécessitant des UV, n’en ayant pas je ne peux conseiller pour réduire la consommation électrique.

L’eau des gamelles

Petit geste tout simple dans ce cas : arroser les plantes avec l’eau des gamelles lorsque vous la changez.

N’hésitez pas à échanger en commentaires, en donnant votre avis ou vos astuces pour limiter l’impact de notre passion sur l’environnement 🙂

Aujourd’hui je vous propose une réflexion sur le poids et le nourrissage des Pantherophis guttatus en captivité à travers le suivi de mes deux mâles Okeetee.

Depuis ce début d’année, ils sont passés d’un nourrissage tous les 15 jours à une fois par mois. Je vais vous expliquer les raisons de ce choix et les conséquences sur leur poids.

Présentation de Moka et Mala

Commençons par présenter et comparer les deux mâles.

Moka a été acheté à un particulier sur leboncoin. Il a environ 3-4 ans, son éleveur d’origine ainsi que sa génétique sont inconnus. Il pesait 169 grammes à son arrivée chez moi en décembre 2015.

Grenat est un typé Abbott venant de chez Richard Dijoux. Pour ceux qui ont lu les autres articles de blog, Grenat est mon tout premier Gutt et serpent. Il a deux ans et demi.

On peut déjà constater une différence de morphologie au niveau de la tête. Grenat a encore une tête de jeune, qui semble un peu petite pour son corps. Moka a une tête plus massive d’adulte.


Au niveau du caractère, Moka est très curieux et toujours en activité dans son terrarium. Grenat par contre est plus discret, avec des déplacements très rares.

Au niveau de la morphologie plus générale, Moka est plus long, il mesure bien 30 centimètres de plus.

Ils ont chacun un terrarium de 120x60x60.

Or lors de la pesée faite le 10 décembre 2016, Moka pesait 420 grammes (contre 169g un an plus tôt), et Grenat pesait 348g (contre 104g en Janvier 2016).

Ces poids m’ont inquiétée car Grenat faisait presque le même poids que Moka malgré plusieurs centimètres de moins et une activité bien moins importante. De plus, il avait un aspect plus boudiné que Moka.

Au moment de cette pesée, ils étaient tous deux nourris d’une souris tous les 15 jours. La taille de la souris par contre variait : 30 grammes pour Moka, 15-20 grammes pour Grenat.

J’ai donc décidé de les passer tous les deux à une souris par mois.

Il faut savoir qu’à l’état naturel, les serpents mangent bien moins qu’en captivité. Ils ne mangent pas à une heure fixe, mangent ce qu’ils trouvent donc pas forcément pas une proie adaptée à leur taille. De plus, en hiver, ils ont une période de repos appelée hivernation. Cette période régule leur organisme et leur fait une pause. Comme cette période est rarement respectée en captivité, nos serpents deviennent vite obèses. Cela peut entraîner des problèmes cardio-vasculaires, et des rétentions d’œufs chez les femelles.

Résultats de la baisse de nourrissage

4 mois plus tard, en ce début d’avril, nouvelle pesée :
Moka : 440 grammes (+20 grammes)
Grenat : 358 grammes (+10 grammes, mais -38 grammes par rapport à Février)

On constate donc qu’on peut nourrir moins souvent sans impacter le poids ou la santé de nos serpents ! Je vois souvent dit qu’une fois par mois c’est trop peu, la preuve que non, avec des souris de tailles adaptées.

Les laisser plus de temps le ventre vide permet de faire un repos digestif, et d’augmenter leur activité de « chasse ».

J’ai constaté chez Grenat, qui ne se déplaçait que rarement dans son terrarium, un regain d’activité au bout de deux semaines. Cela ne peut qu’être bénéfique pour sa musculature. Cela peut aussi être dû à l’allongement des journées ou aux hormones en période de
reproduction, à voir sur le long terme.

Conclusion :
Ce qui est sûr, c’est que votre serpent ne risque rien à louper un ou deux repas. Ils ne mangent pas régulièrement à l’état naturel et sont souvent sur-nourris en captivité. N’hésitez donc pas à passer vos mâles adultes à une souris de bonne taille tous les mois, d’autant plus que les mâles n’ont pas spécialement besoin de grossir ou faire des réserves pour une ponte, contrairement aux femelles. Bien sûr, ceci est valable si vous ne faites pas d’hivernation. Les serpents font souvent des réserves à l’état naturel, mais c’est pour passer l’hiver. Or en captivité, rare sont les personnes (surtout en tant que particulier) qui effectuent cette hivernation, soit par facilité, manque de moyens de le faire ou simplement ignorance du processus.
Voilà j’espère que ce retour d’expérience vous aidera pour le nourrissage de vos serpents des blés 😉 N’hésitez pas à faire vos retours d’expérience ou à en discuter en commentaires !

Parmi les très nombreuses mutations présentes chez le serpent des blés, certaines sont officiellement issues d’hybridation (Scaleless, Ultra, Creamcicle…) et certaines en sont fortement suspectées mais cela n’a pas été officialisé par leur « découvreur ».

Pourquoi un éleveur n’indiquerait pas que sa mutation est issue d’hybridation, s’il le sait ? L’argent probablement. C’est pourquoi j’ai un grand respect pour M. Richard Dijoux qui a précisé dès le début que ses Scaleless étaient issus d’hybridation avec P. Emoryi (même si certains ont tendance à l’oublier).

Mais bien souvent il est difficile de savoir si un spécimen est issu d’hybridation. Dans la nature, il existe des hybridations naturelles, d’autant plus chez le serpent des blés qui possède une répartition géographique partagée avec de nombreuses espèces avec lesquelles il peut se reproduire. Ainsi, bien souvent, un éleveur achète un spécimen qui lui semble original, et qui va s’avérer porteur d’une mutation inconnue, mais dont il ignore tout de ses ancêtres.

Cet article n’a pas pour but de dénigrer des éleveurs, mais simplement de faire le point sur les théories actuelles, et aborder le thème de l’hybridation. Cela servira également pour les personnes qui ne souhaitent pas avoir d’hybrides dans leur cheptel. Sachant que bien sûr, ces suspects d’hybridations n’ayant pour le moment ni preuves pour ou contre leur origine hybride, tout cela restera probablement des théories jusqu’au jour éventuel où les tests génétiques deviendront réalisables facilement.

Je ne fais donc ici que reporter des avis vus sur internet, et ne revendique pas que ce soit la vérité. Vous pouvez donc adhérer à ces théories ou non, je ne cherche pas à convaincre 😉

Palmetto

Le Palmetto vient à l’origine d’un spécimen sauvage prélevé en 2008. Sa forte ressemblance au niveau de la tête et des yeux avec un Pantherophis obsoletus leucistique fait que le doute persiste sur sa parenté.

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Pantherophis obsoletus leucistique (en haut), source photo : http://gentilcopain.com/fiches/pantherophis-obsoletus-leucistique/

Mutation Palmetto du serpent des blés, source photo : https://www.cornsnake.net/index.php?option=com_phocagallery&view=category&id=266:palmetto&Itemid=115&lang=en

Dans la nature, P. guttatus et P. obsoletus partagent une aire géographique similaire à certains endroits (Caroline et Floride notamment). Des hybrides naturels peuvent donc très bien exister.

Ces deux critères (apparence proche d’une autre espèce et aire géographique naturelle partagée) en font donc un hybride suspecté.

Tessera

Les premiers Tessera ont été achetés en 2007 à un éleveur inconnu. Ne connaissant donc pas l’origine et les parents de ces spécimens, et du fait du caractère dominant du gène (rare chez les Gutt), le Tessera est parfois suspecté d’être issu d’hybridation.

Son pattern ressemble à celui de certains spécimens de Lampropeltis californae striped.

Lampropeltis californae Striped

Source de l’image : http://www.geocities.ws/ptbobreeders/gallery_2.html

À l’inverse, on peut aussi donner l’exemple de la localité de l’île de Milos de Zamenis situla, dont le pattern rappelle également le Tessera. Malgré sa grande différence avec le pattern classique de la Zamenis situla, cette localité n’est pas suspectée d’hybridation. Cet exemple montre que des patterns très singuliers peuvent se présenter spontanément chez des espèces grâce à une sélection naturelle. De plus, la similarité de pattern avec le Tessera peut également être une preuve du caractère non hybride de la mutation, dans le sens où c’est un trait qui peut être commun à plusieurs espèces, tout comme l’est le gène de l’albinisme par exemple.

Spécimens classique et localité de Milos de Zamenis situla

Source des images : http://www.original-scales.com/zamenis-situla.php

Mosaïque

Apparu dans un élevage français, la mutation mosaïque est dominante et affecte le pattern. Son caractère dominant le suspecte d’hybridation, en plus de la réputation de l’éleveur, connu pour proposer des hybrides de différentes espèces.

Sunkissed

Le sunkissed est parfois suspecté d’hybridation, non à cause de la présence de la tare Stargazer dans sa lignée, mais pour son pattern particulier de tête, et sa réaction à la présence du gène stripe. En effet, les Sunkissed Stripe ont un pattern non stripe, mais ressemblant plus à du motley, avec des tâches comme des spots.

Sunkissed Striped, source image : http://www.reptileforums.co.uk/forums/snake-pictures/626906-few-2010-corn-hatchlings.html

Les hybrides officiels

En complément, voici une liste des mutations officiellement reconnues comme issues d’hybridation, et l’espèce liée :
Ultra : Pantherophis spiloides
Scaleless : Pantherophis emoryi
Creamsicle : Pantherophis emoryi
Rootbeer : Pantherophis emoryi
Cinnamon : Pantherophis emoryi

Les hybrides à base d’espèces de Pantherophis sont plus difficiles à reconnaître du fait de leur ressemblance physique. Il existe aussi les hybrides plus facilement identifiables, conçus à partir de Lampropeltis par exemple, comme le Jungle Corn, Brook Corn, Sinnacorn, etc. Vous pouvez trouver une liste assez détaillée ici : http://www.guttpassion.ch/genetique/les-hybrides/

Puis-je rendre mon serpent végétarien ?

Non. Toutes les espèces de serpent mangent des animaux. Certaines espèces mangent des lézards, des insectes, des gastéropodes, des poissons, mais elles sont peu courantes et leur alimentation très spécifique les rendent plus compliqué à maintenir. Elles ne sont pas conseillées aux débutants.

Puis-je varier l’alimentation de mon serpent ?

Oui. Dans le cas des serpents mangeant des rongeurs, vous pouvez varier le type de rongeur, en fonction de la taille de votre serpent bien sûr. Pour un Pantherophis guttatus par exemple : souris, petit rat, poussin congelé, hamster. Pas d’animaux venant de l’extérieur par contre, seulement des rongeurs d’élevage, car les sauvages peuvent avoir des parasites et maladies dangereux pour votre animal.

Puis-je laisser mon serpent se promener librement chez moi ?

Non, ce n’est pas conseillé. Les serpents sont doués pour se cacher et se faufiler partout. En le laissant se promener dans votre maison ou votre appartement, vous risquez de le perdre. De plus, les températures d’un appartement ne sont pas idéales pour un reptile. Enfin, les serpents passent du temps caché. En étant lâchés dans un milieu ouvert, cela ne va faire que les stresser. Vous pouvez donc les faire sortir mais uniquement sous surveillance, dans un endroit clos sans possibilité de s’enfuir et pendant un temps restreint, pour leur faire faire de l’exercice et leur changer leur habitude. Cela ne doit toutefois pas être quotidien ou une habitude. C’est durant ce genre de « sorties » que des serpents s’enfuient et se retrouvent dans les journaux. La terrariophilie est fait avant tout pour reproduire les meilleures conditions de vie des reptiles.

Puis-je me promener dehors avec mon serpent ?

Non ! Les reptiles demandent des conditions de vie particulières. Les emmener avec vous dehors implique des changements de températures qui risquent de les faire tomber malade. Les odeurs, bruits et mouvements inconnus et soudains vont fortement les stresser. Cela n’a aucun avantage pour eux et ce genre de comportement contribue à l’image négative qu’ont les terrariophiles. Aucun terrariophile ne vous conseillera de prendre votre reptile pendant vos balades en ville. Par contre les laisser prendre l’air en été dans le jardin sous surveillance quand les conditions s’y prêtent, pourquoi pas.

Puis-je mettre différentes espèces de serpents dans le même terrarium ?

Non. Avoir des espèces différentes, surtout venant de pays ou continents différents, n’est pas conseillé pour plusieurs raisons. Risques d’hybridation, d’ophiophagie, de maladies etc. On conseille toujours 1 espèce = 1 terra, et même 1 serpent = 1 terra pour éviter tout risque.

Mon enfant peut-il manipuler mon serpent sans soucis ?

Oui, sous surveillance. Il peut y avoir des risques des deux côtés : votre enfant ne doit pas faire de bisous à votre reptile par exemple, puisqu’il pourrait contracter la salmonellose. Il risque également de stresser ou faire du mal à l’animal, puisqu’un enfant ne mesure pas sa force par rapport à un animal.

 « C’est quelle race ton serpent ? »

 Qui a déjà été confronté à cette question ? Je pense que nombreux sont les terrarios à l’avoir entendue ou lue sur internet (plusieurs fois sur des groupes terrarios pour ma part et de la part de connaissances).

 Or la terrariophilie est une passion de l’animal. Et connaître un animal c’est aussi connaître tout le vocabulaire qui en découle. Petit point lexique donc avec la différence entre une espèce et une race.

Le Larousse défini le mot race comme ceci :

  • Population animale résultant, par sélection, de la subdivision d’une même espèce et possédant un certain nombre de caractères communs transmissibles d’une génération à l’autre.

Une race est donc une sélection faite par l’homme d’une espèce. Ainsi, à partir d’une espèce animale, l’homme obtient des spécimens qui ont des caractéristiques morphologiques différentes.

 Par exemple, toutes les races de chien appartiennent à l’espèce Canis lupus familiaris (certaines races sont issues de croisements avec d’autres espèces, comme pour le chat). Même si leur apparence physique change énormément, ils font tous partie à l’origine de la même espèce.

 Cette sélection sur les chats et chiens s’est faite en plusieurs milliers d’années (environ 20.000 ans). Les serpents que l’on trouve en captivité sont loin d’être à ce stade de sélection artificielle par l’homme. Même si les mutations permettent des variations de couleur chez une espèce, leur morphologie reste la même. On parle donc d’espèce de serpent et non de race.

 N’hésitez pas à partager cet article si quelqu’un parle de race de serpent et non d’espèce 😉 Chaque mot a une signification et c’est mieux comprendre l’animal que d’employer les bons termes 🙂

Qu’est-ce qu’un « Golden corn » ? Au début des années 2000 (la trace la plus ancienne remonte à 2005), un spécimen sauvage a été prélevé à cause de sa couleur caractéristique : une tête et des selles jaune or ! Ce spécimen a été prélevé par Carsten Zoldy. Cette femelle unique a ensuite été vendue, et c’est actuellement Joe Pierce, un autre éleveur américain, qui travaille cette mutation récessive.

 Le spécimen prélevé d’origine. Source photo : Repticzone.com

Je vais vous faire ici un historique des informations à disposition sur cette mutation. Comme toutes les informations sont issues de discussions en anglais, je vais retranscrire au mieux ma compréhension du sujet.

On retrouve sur internet une photo de cette fameuse femelle, alors gravide, datant de 2005. On peut donc estimer qu’elle a été trouvée dans la nature en 2004-2005 par Carsten Zoldy. Elle fut ensuite accouplée à un mâle classique, prélevé dans la même aire géographique.

 La femelle en 2005, portant les oeufs. Source photo : Kingsnake.com

Suite à cette ponte, quelques petits portants le gène (« het goldens ») ont sûrement vu le jour. Il semblerait toutefois que cette mutation ait causé des problèmes de fertilité, car peu d’œufs ont été pondus, et encore moins de jeunes ont vus le jour.

Il y a ensuite quelques difficultés à savoir où sont passés les petits. La mère serait morte quelques temps plus tard, d’une rétention d’œufs. Le projet continue donc actuellement uniquement à travers des petits « het goldens ».

D’après des sources trouvées sur internet, sur divers forums notamment, il y aurait eu 14 petits « het » vendus (source : http://www.cornsnakes.com/forums/archive/index.php/t-127216.html).

Shannon Brown aurait acquis la majeure partie, l’intégralité d’après Don Soberberg, du projet « Golden ». Shannon a envoyé à Don (de South Moutain Reptile) 2 mâles et 1 femelle het goldens en 2013. Malheureusement, les 2 mâles seraient décédés rapidement durant l’année. Il ne resterait chez Don qu’une femelle het, accouplée cette année pour obtenir plus de petits het. De ce côté, le projet est donc repoussé à 2 ans, le temps que les petits porteurs du gène obtenus soient en âge de se reproduire.

 Discussion sur le groupe Facebook « Cornsnakes.com on Facebook ». Don explique la provenance de ses spécimens « Het golden ».

Le gros du projet se déroule actuellement chez Joe Pierce, qui a également obtenu quelques het golden de Shannon Brown. La première année de reproduction aurait été mauvaise. Seulement 3 œufs, dont l’un est mort en court d’incubation, et les 2 restants n’ont jamais percé la coquille.

Mais cette année a eu lieu la naissance des premiers « golden » chez Joe Pierce ! Seulement 2, un couple, sont homozygotes golden. Et il a également obtenu 2 mâles et 6 femelles het golden. Espérons donc avoir des nouvelles de ces petits, et que le projet continuera. Pour le moment, les reproductions liées à cette nouvelle mutation ont été très compliquées, avec des problèmes de fertilité, d’incubation ou de mortalité. Il faudra donc sûrement de nombreuses années avant de voir cette mutation arriver en Europe…

 Un petit Golden né le 14 Octobre 2015. Il ressemble beaucoup à un Anery pour le moment, avec un pattern légèrement différent. Crédit Photo : Joe Pierce, source Facebook. 

Un petit Golden au milieu des classiques het golden.  Crédit Photo : Joe Pierce, source Facebook. 

Les théories actuelles sont que cette mutation serait un dérivé du gène caramel, peut-être un gène situé sur le même allèle. Joe Pierce fait des recherches en ce sens, l’avenir nous donnera donc plus d’informations.

Les serpents sont victimes de nombreux préjugés, qui peuvent expliquer la peur que les gens en ont. Voici quelques affirmations couramment entendues et leur réponse, qui permettront peut-être de changer la vision qu’en ont certaines personnes. Parce que pour ne plus avoir peur de quelque chose, il suffit de le connaître.

Tous les serpents sont venimeux

Faux ! Sur les presque 3000 espèces recensées dans le monde, seules 10% sont considérées comme dangereuses pour l’homme. Ces espèces sont principalement présentes en Inde et en Australie. La majeure partie des espèces de serpents sont des constricteurs, qui tuent donc par étouffement de la proie, sans posséder de venin. De plus, tous les venins de serpents ne sont pas mortels ou dangereux pour l’homme. Les vipères françaises par exemple, présentent un risque surtout pour les personnes allergiques. De plus, chaque morsure ne provoque pas une envenimation, car le venin est très précieux pour le serpent et long à produire, ils ne l’utilisent donc pas systématiquement.

Les serpents piquent avec leur languelangue-serpent

Faux ! La langue du serpent est bifide (scindée en deux) car ils l’utilisent pour détecter la directio
n dans laquelle est partie la proie. En effet, selon si ils détectent davantage d’odeurs sur la partie droite ou gauche de leur langue, ils vont évaluer où est partie la proie. Leur langue est donc un organe sensoriel comme chez l’humain et les autres animaux. Se faire toucher par la langue d’un serpent n’a donc aucun impact, ils se renseignent simplement sur leur environnement. De même, s’ils sortent leur langue en vous regardant, ce n’est pas parce qu’ils vous trouvent appétissant, mais parce qu’ils cherchent des odeurs pour identifier leur environnement.

Un serpent est froid et gluant

Faux ! Un serpent est ectotherme et poïkilotherme. Ils ne produisent pas de chaleur, la chaleur de leur corps dépend donc de leur milieu. Un serpent n’est donc pas froid, il est juste à la température de l’endroit où il se trouve. S’il a passé du temps à son point chaud avant que vous le preniez, il sera donc à la température de son point chaud.

Enfin, le serpent ne secrète aucune substance sur sa peau. Sa peau n’est donc pas gluante, mais lisse et plutôt douce grâce à ses écailles.

Les serpents sont méchants, ils ne cherchent qu’à mordre

Faux ! Un serpent, lorsqu’il se sent menacé, tentera toujours de fuir. S’il se met en position face à vous, c’est une posture de défense, lorsqu’il se sent acculé et qu’il n’a plus d’autre choix que de faire front. Un serpent mord pour chasser, mais il voit l’homme comme une menace, il va donc fuir. Si vous vous faites mordre par un serpent, prenez du recul et demandez-vous pourquoi. Si vous avez essayé de l’attraper une fois qu’il était coincé, c’est normal. Si vous lui avez marché dessus (comme cela arrive souvent en forêt), c’est également normal. Au même titre qu’un chat ou un chien vous aurait mordu parce qu’il se serait senti agressé.

Nicolas Hussard de Reptiligne parle très bien de cela dans cette vidéo : « Les serpents agressifs n’existent pas […] ce sont juste des animaux qui ont peur et se défendent ».

Les serpents sont méchants, ils mangent des souris toutes mignonnes

Vrai et faux ! Oui, les serpents sont carnivores. Quelques espèces mangent du poisson, des insectes ou des oeufs, mais elles sont très rares, la plupart mangent des mammifères, et sont donc nourris avec des souris ou des rats en captivité. Pour les plus gros spécimens, cela peut aller jusqu’au lapin.

Sont-ils méchants pour autant ? Ils se nourrissent au même titre que vous vous nourrissez de vache, cochon, poulet… et que votre chat se nourrit de souris, mulots et oiseaux ! Alors pourquoi reprocher aux serpents ce que nous ou d’autres animaux font également ?

Les propriétaires de serpents leur donnent des chatons à manger

Faux ! Cette croyance a la vie dure à cause des personnes qui s’amusent à la répandre… Mais ne soyons pas bisounours, il y a sûrement des gens qui le font… Mais ce n’est pas une généralité, ce sont des minorités qui généralement ne le crient pas sur tous les toits, et le font pour une raison. Le nombre de chat à donner chaque année est énorme, à cause des personnes qui ne stérilisent par leurs chats. Alors certaines personnes ont pu voir là un moyen facile de nourrir leur serpent.

Cela n’est absolument pas cautionné par la communauté terrariophile, et non, si un propriétaire de serpent vient vous voir pour adopter un chaton, il ne va pas se retrouver dans le ventre de l’animal ! Les terrariophiles sont avant tout des passionnés des animaux, qui ont souvent également d’autres animaux chez eux (chat, chien, oiseau, souris ou rat de compagnie !).

Je fais une bonne action en tuant un serpent croisé dans la forêt ou sur la route, ça peut être une vipère dangereuse !

Faux ! Premièrement, les vipères mordent rarement, et injectent du venin seulement 1 fois sur 5. En effet, la production de venin est très lente, elles l’utilisent donc surtout pour tuer leurs proies. De plus, leur venin n’est pas mortel pour l’homme, sauf en cas de réaction allergique (choc anaphylactique). Leur venin provoque une ecchymose, des nausées et une douleur locale, ce qui doit être soigné à l’hôpital.

De plus, la plupart des gens confondent couleuvres et vipères, et tuent donc les serpents à vue, alors qu’une couleuvre est inoffensive. Lorsque l’on connait la différence, ces deux catégories de serpents sont pourtant facile à différencier : les vipères ont une tête triangulaire, une pupille fendue (de « chat ») et sont petites et trapues (elles atteignent rarement le mètre). Les couleuvres quant à elles, ont une tête et une pupilles rondes, et elles sont longues et fines. Les serpents fuient l’homme, si vous voyez un serpent et ne savez pas le distinguez, taper fort au sol. Le serpent étant sourd, il utilisera ces vibrations pour identifier un prédateur, et fuira.

Enfin, les serpents européens sont protégés ! Tous les serpents sont protégés par l’arrêté du 19 Novembre 2007 : « Sont interdits, sur tout le territoire métropolitain et en tout temps, la destruction ou l’enlèvement des oeufs et des nids, la destruction, la mutilation, la capture ou l’enlèvement, la perturbation intentionnelle des animaux dans le milieu naturel.
« , ainsi que par l’article L415-3 du Code de l’environnement. Si vous tuez, prélevez ou mutilez un serpent, vous risquez soit une amende, soit une peine pouvant aller jusqu’à 1an de prison et 15000€ d’amende si vous aviez conscience de vous en prendre à une espèce protégée.

Voici un article qui explique bien, photos à l’appui, les différences entre couleuvres et vipères : Serpent de France.

Les terrariophiles sont des sadiques qui n’aiment pas les animaux puisqu’ils donnent des souris à leurs serpents

Faux ! La souris est la nourriture naturelle du serpent. Un serpent n’est pas végétarien, il est impossible de remplacer son menu. Le terrariophile ne fait donc que respecter le bien-être et les besoins de son animal. En général, la souris est donnée morte afin qu’elle ne souffre pas pendant le repas, et ne risque pas de blesser le serpent. Tout futur terrariophile doit être prêt à donner à manger des souris (mortes) à son serpent, ou se tourner vers un autre animal.

Les personnes non terrariophiles doivent donc respecter le mode de vie des ces animaux, tout comme vous n’empêchez pas votre chat de tuer des oiseaux ou des souris, ou n’essayez pas de donner de la laitue à votre chien même si vous êtes végétarien : ce n’est pas le mode de vie de votre animal.

Les serpents sont des animaux sauvages prélevés pour satisfaire des besoins égoïstes

Vrai et faux ! Au même titre que votre furet/lapin/hamster/souris/poisson/oiseau. Ce sont des animaux sauvages qui sont vendus comme animaux de compagnie, parfois prélevés, souvent nés en captivité. Il en va de même pour les serpents et autres reptiles. Si vous reprochez aux terrariophiles d’avoir des reptiles, faites-en de même avec les aquariophiles et les personnes qui ont un petit mammifère à la maison. La seule différence est notre rapport à l’animal, car le serpent a souvent une réputation négative qui n’a pas lieu d’être, par rapport à un mammifère.

Les serpents se mettent dans le lit de leur propriétaire pour le mesurer et savoir si ils peuvent le manger

Faux ! Cette croyance urbaine est très répandue, et chaque propriétaire de serpent l’a sûrement entendue au moins une fois. Nous ne savons pas d’où vient cette idée, mais c’est faux. Si un serpent qui s’est évadé de son terrarium s’est retrouvé dans le lit d’une personne, c’est parce qu’il cherchait de la chaleur.

Lors de l’évasion d’un serpent, on cherche principalement dans tous les points chauds de la maison (radiateur, dessous de frigo ou machine à laver) car l’animal cherche à garder une température idéale. S’il ne l’a pas trouvée, il se peut que la chaleur de son propriétaire soit son dernier recours. C’est la seule explication à cette croyance, pourtant elle est peu probable. Tous les propriétaires de serpents qui ont dû faire face à une évasion ont souvent retrouvé leur animal par pur hasard, ou en cherchant dans des endroits étroits dans lesquels le serpent a trouvé une cachette idéale.