Réflexions personnelles sur la terrariophilie

Les pratiques aberrantes, l’évolution de la terrario, les bonnes et mauvaises pratiques que l’on peut voir, ici ce sont des articles sur des réflexions personnelles sur la terrariophilie que j’ai envie de partager. Ces opinions n’engagent bien sûr que moi, mais n’hésitez pas à venir débattre intelligemment :)

Josua Hannink de l’élevage Future Morph (Pays-Bas) a fait un article relatant son expérience liée à l’apparition de « Bug Eyes » au sein des spécimens de la mutation Palmetto du serpent des blés. Pour rappel, le terme Bug Eyes désigne des animaux ayant des yeux plus globuleux que la normale.

Cet article a été publié en anglais sur la page Facebook de l’élevage Future Morph. Voici la version traduite en français afin que cela soit compris par tous les francophones.

Bug Eyes dans les serpents des blés Palmetto

Josua Hannink (Future Morph) Juillet 2021

Les palmettos deviennent de plus en plus populaires dans le hobby du serpent des blés, mais cela s’accompagne parfois d’un problème appelé « Bug Eyes ». Dans cet article, je vais écrire mon point de vue et mon expérience avec eux jusqu’à présent.

Qu’est-ce que le Palmetto ?

Le Palmetto est une mutation dominante incomplète (certaines personnes pensent qu’elle simplement récessive) qui a été trouvée à l’état sauvage en 2008 et prouvée par Don Soderberg de South Mountain Reptiles. Vous pouvez lire l’histoire sur son site : https://cornsnake.net/blogs/stories/the-story-of-thepalmetto-corn-snake C’est une forme de leucisme, qui rend le serpent blanc nacré, avec quelques tâches à la naissance. Plus ils vieillissent, plus ils ont de tâches. Cette mutation peut être mélangée avec toutes les autres formes de serpent des blés.

Que sont les « Bug eyes » ?

Le « Bug eyes » (ou serpents aux yeux d’insecte en traduction littérale) est un terme utilisé pour décrire les serpents des blés avec de grands yeux anormaux par rapport à un serpent des blés « normal ». Les yeux sont exorbités, comme vous le verriez sur une mouche ou d’autres insectes. Il semble que le crâne soit de la même taille (même si je n’ai jamais fait de radiographies ni pris de mesures), donc soit les yeux sont trop gros pour tenir dans le crâne, soit quelque chose pousse les yeux vers l’extérieur. C’est une chose qui est connue depuis des années chez les Pantherophis obsoleta, donc cela est probablement lié au leucisme. Mais attention : tous les Palmetto n’ont pas de Bug eyes ! De plus, tous les serpents n’ont pas la même quantité d’yeux globuleux : avec certains, cela est juste légèrement perceptible, tandis que dans d’autres, vous ne pouvez pas le manquer. Il semble que la plupart (sinon tous) les Palmettos aux Bug Eyes soient des mâles, ce qui signifierait que c’est lié au sexe. Vous le voyez également plus souvent chez les Amela Palmettos, bien que je n’en ai pas vu un très grand échantillon dans la vraie vie pour faire des affirmations évidentes à ce sujet. Je peux dire que je n’ai jamais élevé de femelle avec des Bug Eyes, même au sein de spécimens de mutation Amel ou Butter.

Exemples de spécimens Palmetto : Amela Palmetto avec des Bug Eyes prononcés, Palmetto classique avec des Bug Eyes moins prononcés, Palmetto classique aux yeux normaux.
Crédit photos Josua Hannink de l’élevage Future Morph

Comment ça marche génétiquement ?

Pour être honnête : je n’en ai aucune idée ! Je n’ai reproduit que des animaux « aux yeux normaux », et j’ai toujours obtenu des nouveau-nés Bug Eyes.

J’ai reproduis toutes les combinaisons possibles :

– het. Palmetto x het. Palmetto

– Palmetto x het. Palmetto

– het. Palmetto x Palmetto

– Palmetto x Palmetto

Dans certaines pontes j’ai eu des Bug eyes, dans certaines pontes je n’en avais pas. Je n’ai jamais eu de pontes avec seulement du Bug Eyes. (Mais comme cela semble être lié aux mâles, cela n’aurait pas de sens) Donc, peu importe la combinaison de gènes que vous utilisez pour la reproduction, vous avez toujours une chance que des Bug Eyes naissent. Autant que je puisse dire maintenant : cela semble aléatoire.

palmetto-femelle-yeux-normaux
Palmetto femelle née en France avec des yeux normaux
Photo Guttatophiles

Devriez-vous reproduire des serpents des blés Bug Eyes ?

Une autre question difficile, car pour moi c’est surtout un ressenti. Personnellement, je garderais un Palmetto avec des Bug Eyes comme animal de compagnie, mais je ne le reproduirai pas. Ceci est purement basé sur le fait que nous ne savons pas comment cela sera transmis à la progéniture. Je serais dévasté si j’élevais un bébé pendant trois ans, j’ai fait de mon mieux pour l’élever et faire éclore des œufs, seulement pour découvrir que tous les bébés ont aussi des Bug Eyes. Je ne dis pas que cela arrivera, mais nous ne le savons tout simplement pas à ce stade. C’est aussi la raison pour laquelle je vends des Palmettos Bug Eyes à un prix inférieur. Bien sûr, cela dépend aussi de la taille des yeux. Des yeux légèrement plus gros peuvent être moins problématiques que des yeux ÉNORMES, mais encore une fois, il s’agit d’un sentiment personnel. Certains éleveurs ont suggéré qu’il semble que les Bug Eyes s’améliorent un peu avec l’âge, ce qui pourrait avoir du sens : le crâne grandit, alors peut-être que les yeux « poussent dedans ». Mais ce n’est pas une garantie et c’est juste ma théorie pour le moment.

Devriez-vous garder les Palmetto Bug Eyed comme animaux de compagnie ?

Tout comme pour l’élevage, tout dépend de votre propre ressenti. Nous savons que les serpents des blés Bug Eyes mangent bien, grandissent assez vite, muent normalement et n’ont pas besoin de soins particuliers. Est-ce douloureux pour eux ? Je ne pense pas. Est-ce qu’ils ressentent un malaise à cause de cela ? C’est possible. Les serpents en général ne montrent pas facilement de signes de douleur ou d’inconfort, donc personne ne le sait avec certitude. Si vous ne voulez pas les garder, je comprends tout à fait. Bien que beaucoup de gens les trouvent mignons et veuillent les garder comme animaux de compagnie, ce que je peux également comprendre. Je ne pense pas qu’il y ait de « bonne » ou « mauvaise » réponse à cette question.

Conclusion

J’espère que cet article vous a donné suffisamment d’informations et de perspicacité pour décider de garder ou non des Palmettos Bug Eyes. Si vous avez des questions ou des commentaires pour moi (Future-Morph), envoyez-moi simplement un message sur Facebook (en anglais) et nous pourrons en parler.

Vous allez être propriétaire d’un Pantherophis guttatus (serpent des blés) ou une autre espèce de serpent, et vous souhaitez chauffer par tapis chauffant ou câble chauffant ? Durant vos recherches, vous avez dû lire qu’un thermostat est indispensable avec ces modes de chauffage, afin d’éviter des brulûres et surchauffe.

Différents modèles et marques de thermostat sont disponibles sur le marché afin de réguler votre mode de chauffage. Cet article a pour but de comparer notamment les deux grands modèles de thermostat souvent conseillés : le thermostat Trixie et le Thermo Control Pro II. Pourquoi ces deux modèles sont si souvent conseillés ? C’est ce que nous allons voir.

Un thermostat, indispensable à ajouter au système de chauffage

Avant d’aller plus loin, un rappel de pourquoi un thermostat est indispensable. Certains tapis chauffants sont présentés comme ayant un « thermostat intégré ».

En fait, ce n’est qu’une sécurité censée éviter que le tapis ne dépasse une certaine température. Cela n’est pas précis, puisque le tapis ne dispose pas de système de contrôle électronique. Cela n’est pas non plus programmable. Enfin, d’expérience, cette température maximale indicative est bien souvent dépassée.

Ainsi, un thermostat est un appareil de contrôle extérieur bien plus fiable, qui permet d’éviter tout dépassement de température.

Pourquoi un thermostat jour/nuit ?

Le point commun entre les thermostats abordés sur cette page, est qu’ils permettent tous de régler une température différente le jour et la nuit. En effet, le but de la terrariophilie est de reproduire le cycle naturel des animaux. Or dans la nature, les reptiles sont soumis à un cycle biologique basé sur le climat. Quelle que soit l’aire de répartition de l’animal, la température est différente le jour et la nuit.

En plus du cycle lumineux, cette différence de température permet donc de leur assurer un cycle biologique, indispensable à leur bonne santé.

C’est pourquoi il est plus que recommandé d’utiliser un thermostat permettant de régler une température de jour et de nuit. Le point chaud nocturne permet à l’animal de maintenir une certaine température, notamment en période de digestion. C’est particulièrement important pour les juvéniles qui sont plus fragiles. Ces modèles sont un peu plus chers qu’un thermostat fixe, mais lorsqu’on parle de bien être animal, et vu le budget global du matériel dédié à un reptile en captivité, cette différence de prix est peu de chose.  

Les thermostats pour reptiles jour/nuit les plus communs sont donc le Thermo Control Pro II et le thermostat Trixie. La marque Habistat est également fréquemment recommandée car apparemment de très bonne qualité, précise et durable. Comme toute qualité se paie, le prix est légèrement plus élevé que les autres modèles.

Comparatif entre les thermostats ThermoControl Pro II et Trixie

Dans la famille des thermostats gérant les températures jour/nuit, ces deux modèles sont les plus recommandés. J’ai testé et continue d’utiliser ces deux modèles depuis mes débuts en 2015. Je vous propose donc un comparatif de ces deux thermostats pour vous aider à faire votre choix.

Thermostat ThermoControl Pro II

Vu d’ensemble du ThermoControl Pro II

Description du ThermoControl Pro II

Le thermostat Thermo Control Pro II s’est taillé une réputation dans le secteur des thermostats pour terrarium, probablement à cause de son ancienneté. Affichage simple et efficace (uniquement la température relevée), il permet de programmer jusqu’à 4 plages de temps et de température différents. De même, le réglage de la température est précis jusqu’à 0,1°.

En cas de coupure de courant, une pile à l’intérieur du boîtier permet de garder en mémoire l’heure paramétrée. Ainsi, lors du retour du courant, le thermostat reprend directement son programme. Bien sûr, cela n’est valable que si la pile fonctionne.

Boîtier d’affichage et de contrôle du ThermoControl Pro II

Le thermostat est doté d’une double prise, qui permet de brancher un système de chauffage et un éclairage avec des plages horaires distincts.

Il dispose également d’une fonction alarme si jamais la température relevée est trop haute ou trop basse par rapport à celle paramétrée. Par exemple, si vous avez réglé votre température à 30°, et que vous avez indiqué une température d’alarme de +2° par rapport à cette température, le thermostat produira une alarme s’il relève une température de 32°. Cela peut servir par temps de canicule par exemple. De même, l’alarme sonnera si la température relevée est de 28° au lieu de 30°. L’activation de cette option n’est pas obligatoire, et l’écart de température maximal pour le déclenchement de l’alarme va jusqu’à 15°.

Attention lors de l’achat à bien prendre le ThermoControl Pro II. Il existe le ThermoControl II du même fabricant, avec lequel il est souvent confondu, mais ce modèle ne règle qu’une seule température.

Prix du ThermoControl Pro II

Ce thermostat se trouve neuf, selon les sites, à des prix variants entre 60 € et 85 € (hors frais de port). Vous pouvez également le trouver d’occasion.

Retour d’expérience sur le ThermoControl Pro II

J’ai commencé avec ce thermostat et il fonctionne toujours aussi bien 6 ans après.

Toutefois, ce que l’on peut lui reprocher, c’est son manque d’ergonomie au niveau de la programmation. Elle est difficile, voire carrément impossible à réaliser sans le mode d’emploi. En effet, chaque paramètre est noté par la lettre F suivi d’un chiffre allant jusqu’à 12. Si vous n’avez pas le mode d’emploi pour savoir quel chiffre correspond à quel paramètre, vous pouvez y passer quelques heures. D’autant que la manipulation à faire pour accèder au menu de paramètrage n’est pas intuitive non plus (laisser appuyer sur le bouton Set). 

Enfin, après toutes ces années, les flèches du mien semblent fatiguer. Il faut vraiment appuyer fort et avec l’ongle pour réussir à passer d’un paramètre à un autre.

Thermostat Trixie

Description du thermostat Trixie

Le thermostat double circuit Trixie propose un affichage bien plus détaillé. En effet, toute la programmation se fait par l’écran. Vous avez donc en permanence un affichage de la température relevée, de l’heure et des plages horaires paramétrées.

Boîtier de contrôle et d’affichage du thermostat Trixie

Les fonctions sont similaires à celles du ThermoControl Pro II. Il dispose également d’une double prise permettant de brancher chauffage + éclairage, et contient un double circuit pour régler une température jour/nuit. Une pile conserve les réglages en cas de coupure de courant. La seule différence est que la température se règle par degrés, et non pas au dixième de degré, bien que cela soit peu utile dans la plupart des cas. Cela provoque une légère inertie plus importante. En effet, si vous réglez la température à 30°, le thermostat va alors attendre d’atteindre 31° pour se couper. Dans les faits, la même chose se produit avec le ThermoControl Pro II même en réglant une sensibilité plus fine, même si c’est alors un peu moins prononcé. 

Trixie ne propose que deux modèles de thermostats, l’autre modèle gère l’hygrométrie. Il n’y a donc pas de risque de confusion lors de l’achat.

Prix du thermostat Trixie

Neuf, ce thermostat se trouve entre 60 € et 75 € hors frais de port sur les sites de vente en ligne. Vous le trouvez à 60 € avec frais de port gratuits sur ce site.

Retour d’expérience du thermostat Trixie

Le thermostat Trixie ne devait pas exister en 2015 quand j’ai commencé. En tout cas, je ne l’ai découvert que plus tard, et n’ai plus acheté que celui-ci par la suite. En effet, la programmation est beaucoup plus simple, ce qui fait gagner beaucoup de temps. Il n’est pas nécessaire d’avoir le mode d’emploi pour le programmer, il est plus intuitif. En appuyant sur le bouton mode Mode, vous passez d’un réglage à l’autre, chacun clignote pour bien montrer où vous en êtes. De même, les boutons sont plus fermes, on les actionne plus facilement. 

Pour un prix et des fonctionnalités équivalentes, je privilégie donc aujourd’hui ce modèle lors de mes recommandations et dans mon utilisation quotidienne.

Je n’ai testé que ces deux thermostats, qui sont les plus recommandés. Je pourrai en ajouter d’autres à ce comparatif par la suite si jamais j’ai l’occasion de tester d’autres modèles.

Le 22 juin sont nés en France au sein d’un élevage amateur, 2 bébés Gutt présentant des troubles neurologiques. Les symptômes sont ceux du Stargazer. Des recherches sont actuellement en cours pour remonter l’origine possible de la présence de cette tare génétique afin de limiter sa propagation.

Qu’est-ce que le Stargazer chez la Gutt ?

Le Stargazer est une tare génétique liée à un gène récessif. Lorsque ce gène est présent en homozygote chez un spécimen, il provoque des troubles neurologiques qui impactent l’orientation et la manière de se déplacer de l’animal.

Les symptômes du Stargazer

L’orientation de l’animal est perturbée. Lorsqu’il lève la tête, celle-ci a tendance à faire des loopings, s’agiter, partir dans tous les sens. Lorsque l’animal est mis sur le dos, il ne se remet pas sur le ventre. Comme cette tare impacte l’orientation, l’animal ne se rend pas compte qu’il est sur le dos. Mettre l’animal sur le dos est un très bon test, car un serpent en bonne santé ne restera jamais sur le dos, le ventre exposé étant un point faible sensible.

Selon le degré d’expression de la tare, certains spécimens peuvent ainsi avoir des difficultés à se nourrir. Cela n’impacte pas leur longévité, mais leur empêche de vivre une vie normale. Ces serpents ne peuvent pas grimper ou vont tomber fréquemment. Dans la nature, ces spécimens sont rapidement éliminés par sélection naturelle (prédation).

Comment détecter le Stargazer ?

Comme c’est un gène récessif, le Stargazer est indétectable lorsqu’il est présent en hétérozygote. Il faut que les deux parents en soient porteurs pour qu’il s’exprime dans la progéniture.

Ainsi, seule la reproduction permet d’identifier cette tare. Heureusement, elle est visible dès la naissance.

Toutefois, lorsque des bébés Stargazer naissent dans une ponte, cela signifie qu’il faut euthanasier toute la ponte. En effet, le gène peut être présent en hétérozygote chez les bébés qui semblent normaux, et donc continuer à se propager par la reproduction.

Le Stargazer est originellement apparu dans une lignée de la mutation Sunkissed issue de spécimens Okeetee. De nombreuses lignées de Sunkissed ont donc été testées pour éliminer au maximum cette tare. Elle persiste toutefois, puisque tous les éleveurs, surtout les amateurs, ne sont pas au courant de son existence. Ils peut ainsi arriver qu’il y ait des naissances de Stargazer sans que l’éleveur sache ce que c’est, qu’il euthanasie les homo Stargazer et vende les “normaux” mais qui sont porteurs du gène, ce qui continue de diffuser cette tare.

Pourquoi il est important de limiter la propagation du gène

D’un point de vue éthique, même si ces animaux peuvent vivre, on ne peut laisser ce propager une tare génétique qui impacte la vie des animaux.

La loi française et le stargazer

Pour rappel, cette notion de bien-être et de santé de l’animal est inclus dans le droit français. Dans le code rural et de la pêche maritime, Chapitre IV La protection des animaux, Section 2 : L’élevage, le parcage, la garde, le transit, sous-section 2 : Dispositions relatives aux animaux de compagnie, article R214-23 : “La sélection des animaux de compagnie sur des critères de nature à compromettre leur santé et leur bien-être ainsi que ceux de leurs descendants est interdite”.
Lien du texte de loi : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000019414440/

Le Stargazer impactant la locomotion, et indirectement la capacité à se nourrir des animaux, qui sont deux comportements indispensables à la vie de l’espèce, il est donc concerné par cet article.

Que faire en cas de Stargazer ?

Que faire donc si des petits naissent dans notre élevage, ou que nous sommes propriétaire de spécimens issus de souches où des cas de Stargazer sont apparus ?

Les petits homo Stargazer doivent être euthanasiés pour leur bien-être. Ils peuvent éventuellement être vendus comme animaux purement de compagnie, et ne doivent jamais être reproduits. Les spécimens de la ponte qui pourraient être het Stargazer ne doivent pas être reproduits. Les parents des petits Stargazer étant prouvés comme het Stargazer, ils ne doivent plus être reproduits non plus. Ils peuvent éventuellement être vendus à des éleveurs qui cherchent du het Stargazer confirmé pour tester leurs propres spécimens.

Il faut ensuite lister tous les accouplements qui ont été réalisés avec les parents, et contacter les propriétaires de spécimens issus de ces reproductions afin qu’ils ne soient pas reproduits. En effet, ils sont tous potentiellement porteurs du gène Stargazer.

Tester un spécimen pour le Stargazer

Il est possible de tester un spécimen pour le Stargazer par la reproduction. Une fois qu’un spécimen est officiellement het Stargazer, il peut être conservé dans le cadre de tests. C’est-à-dire qu’il est accouplé avec un spécimen pour lequel on veut tester la présence du gène Stargazer.

Dans le cas d’un accouplement het x het, en théorie 25% de la ponte peut exprimer le gène (homozygote). Mais les éleveurs savent que ces ratios ne sont que théoriques. Sur une petite ponte, il est ainsi possible que le gène ne s’exprime pas car aucun petit n’est homozygote.

Ainsi, pour avoir un résultat significatif, il faut un certain nombre d’œufs au sein de la ponte test. Les éleveurs effectuant ces tests partent en général sur au moins 20 bébés pour être sûrs. De même, les éleveurs ne vendent jamais les spécimens suspectés comme étant 100% « stargazer free” (sans Stargazer), le pourcentage indiqué est souvent au mieux de 99,8%. Selon le nombre d’œufs dans la ponte, plusieurs reproductions test peuvent donc être nécessaires.

Un spécimen a déjà été prouvé comme het Stargazer après avoir été accouplé avec 3 spécimens différents ! Le Stargazer est apparu dans une seule des 3 pontes. De même, en 2020, un lignée de Stargazer est apparue au sein d’une reproduction dont les ancêtres avaient pourtant été vendus comme 99,4% sains, après 2 tests sur 2 années différentes. Cela est arrivé dans un élevage hollandais, et les spécimens venaient d’un élevage anglais sérieux qui avait testé les parents.

C’est pourquoi le plus simple pour stopper la progression du gène est de ne pas reproduire du tout les spécimens suspectés. Si vous décidez de tester, attendez-vous à devoir euthanasier un grand nombre de bébés sans être assuré.e que le spécimen soit 100% sain pour autant. En général, on euthanasie tous les bébés de la ponte. En effet, vendre du possible het Stargazer à des personnes débutantes qui peuvent ne pas tout comprendre du fonctionnement de la génétique ou de cette tare, c’est risquer qu’ils reproduisent les spécimens et continuent à diffuser la tare.

Les données sur le cas actuel français de Stargazer

Si ces génétiques vous parlent, que vous pensez avoir un spécimen issu de cette lignée chez vous, svp contactez-moi et ne mettez pas le spécimen en reproduction !
Nous espérons encore que cela ne soit pas du Stargazer, qu’il y ait une autre explication. Mais dans le doute, en attendant, il est important d’éviter de trop diffuser cette fort probable tare génétique.

Des recherches sont en cours pour remonter la lignée des parents. L’idéal serait de tester les deux parents afin d’identifier le porteur originel du gène. La suspicion est actuellement sur la femelle Okeetee Abbott, étant donné que c’est au sein des Sunkissed et Okeetees que la tare est la plus courante.

Il va de soi que ce n’est la “faute” de personne. Ce genre de tare est difficile à tracer, sa présence est impossible à détecter tant qu’une reproduction ne le fait pas ressortir. Ici, la reproduction consanguine a permis de le déclarer.

Lorsque l’on souhaite acquérir son premier serpent des blés, pour soi ou son enfant, on se tourne naturellement vers les magasins spécialisés : les animaleries. En effet, de plus en plus d’entre elles incluent la vente de reptiles dans leurs rayons, ainsi que le matériel nécessaire. Depuis une dizaine d’années, la demande de NAC (nouveaux animaux de compagnie), et notamment de reptiles, va croissante. Il est donc normal que ces établissements agrandissent leur catalogue et proposent ces animaux à leurs clients. 

Cela fait également 6 ans que Guttatophiles est là pour répondre aux questions des propriétaires de serpent des blés, qu’ils soient débutants ou confirmés. Depuis 3 ans je suis également modératrice sur un groupe Facebook spécialisé sur le Pantherophis guttatus. Cela fait donc des milliers de messages, posts et mp que j’ai pu voir passer sur les Gutt. Et une chose revient souvent : les achats de serpent des blés en animalerie posent régulièrement des problèmes.

Pourquoi ? Quels sont ces problèmes ? Quels en sont les responsables ? Cet article a pour but de faire un récapitulatif de différents constats basés sur mon expérience, et sur celle d’un ami qui est vendeur reptile en animalerie depuis plus de 10 ans. Mais le but est aussi de se poser des interrogations sur l’univers de l’animalerie en France, sur différentes responsabilités, tant niveau vendeurs que clients. 

Attention ! Cet article concerne surtout les animaleries généralistes (non spécialisées en reptiles) et autres animaleries/jardineries, pas les animaleries spécialisées. Bien qu’elles ne soient pas toujours exemptes de certains soucis qui seront détaillés par la suite. De même, je ne mets pas toutes les animaleries dans le même panier, il y en a bien sûr des très bien. Mais fait est que les problèmes décrits ne sont pas absents de bon nombre d’établissements du secteur.

Aucun magasin ou enseigne spécifique ne sera nommé dans cet article. 

Sommaire

Les problèmes rencontrés lors d’achats de serpent des blés en animalerie 

Les problématiques liées à l’achat de Pantherophis guttatus en animalerie sont généralement toujours les mêmes.

Manque d’informations sur l’animal acheté

À part pour les animaleries qui feraient des reproductions en interne (c’est le cas de certaines spécialisées) ou dont des employés passionnés par les Gutt feraient un élevage qui fournirait le magasin, la majorité des Gutt qui se retrouvent en rayon sont issus de fournisseurs, aussi appelés grossistes. Cela peut être des élevages de grande envergure, ou des importateurs/revendeurs. Les animaleries ont alors un catalogue à leur disposition, dans lequel ils effectuent leur commande en fonction des disponibilités de ces fournisseurs. 

Chaque animalerie peut avoir des fournisseurs différents, avec chacun leur propre organisation. Les plus gros fournisseurs français, que sont Reptilis (premier élevage européen de colubridés) et la Ferme Tropicale, fournissent une fiche dédiée pour chaque spécimen avec mutation et sexe. L’année de naissance est généralement indiquée, mais pas l’âge exact.

Si votre animalerie locale se fournit auprès d’un autre fournisseur, il est possible que celui-ci ne donne pas les informations de sexe et de mutation. Il est plus que fréquent de voir affichée une mutation qui ne correspond à aucun spécimen exposé. Les sexes ne sont également souvent pas vérifiés. Et dans tous les cas, la date de naissance exacte de l’animal n’est pas indiquée.

Encore une fois, tout dépend des vendeurs de votre animalerie. Si vous avez la chance d’avoir un vrai passionné de Gutt pointu sur les mutations, ou que le fournisseur est consciencieux, peut-être que la mutation indiquée correspondra bien à celle de votre animal. Mais les vrais passionnés qui travaillent en animalerie sont rares, à cause de nombreux paramètres sur lesquels nous reviendront plus tard.

Depuis l’arrêté du 18 octobre 2018, le cédant d’un animal non domestique est dans l’obligation de remettre un document récapitulant les informations sur l’espèce acquise ainsi que les règles du bon maintien en captivité de l’animal. Cette obligation a pour but d’assurer un minimum de connaissances à l’aquéreur pour s’occuper convenablement du serpent acquis. Même détaillées, ces fiches sont souvent insuffisantes pour permettre à un débutant de s’initier à la terrariophilie s’il ne s’est pas renseigné en amont. Comment résumer en une page tout la biologie et les besoins d’une espèce ? La preuve en est, ce site est contitué de plusieurs dizaines de pages pour la seule espèce du Pantherophis guttatus.

De plus, dans les faits, ce document est souvent omis, oublié, lors de la vente d’un animal. Au mieux, il est affiché dans le magasin ou disponible sur le site internet.

Ainsi, ne comptez pas tout savoir de votre animal et de comment vous en occuper uniquement avec les informations du magasin. Adopter un animal est une responsabilité, et les reptiles nécessitent des conditions de vie bien spécifiques qui doivent être étudiées largement avant l’achat. Une simple feuille résumée ne suffit pas à vous apporter les connaissances nécessaires, même en écrivant ridiculement petit et serré dessus.

Mauvais conseils de maintien 

Revenons à la difficulté de trouver un bon vendeur reptile en animalerie. En général, les vendeurs ont chacun leurs affinités (oiseaux, poissons, mammifères…), tous n’ont pas les mêmes connaissances et il est difficile de connaître parfaitement chaque espèce. Si vous tombez sur le vendeur non spécialisé en reptiles, vous risquez d’avoir des informations partielles, voire mauvaises. Et même au sein des passionnés de reptiles, il y a des affinités. Il y a souvent les passionnés plutôt orienté serpents, ceux qui préfèrent les lézards, les amateurs d’amphibiens ou les spécialistes en tortues. Il y a bien sûr des « touche à tout », mais il reste toutefois difficile d’être spécialisé dans tous les reptiles.

Quelles mauvaises informations pourraient être données ? Le cas le plus courant est la cohabitation, conseillée sans problème et sans avertissement. C’est ainsi que chaque année, c’est plus d’une dizaine de messages et posts que je traite concernant une ponte non prévue, des blessures ou du cannibalisme, liés à une cohabitation. Le cas de la reproduction est le plus fréquent. Souvent ce sont « deux femelles » qui sont en fait un couple, ou des juvéniles dont le vendeur avait assuré que la reproduction n’aurait pas lieu avant 2 ans. Je vous renvoie à la page dédiée à la cohabitation sur le site pour connaître les risques liés et pourquoi je ne conseille pas cette pratique.

Le cas le plus problématique rencontré est celui d’une femelle qui a été achetée dans une animalerie. Celle-ci était exposé dans un terrarium avec un mâle. Bien entendu, au bout de quelques semaines chez le nouveau propriétaire, elle a commencé à pondre des œufs… Le propriétaire ne s’y attendait pas, n’avait donc rien préparé (boîte de ponte, nourrissage adapté), et la femelle a fait une rétention d’œufs. Cela s’est bien terminé car elle a fini par réussir à expulser tous les œufs, non sans une visite chez le vétérinaire et quelques injections d’hormones. Il y a plus simple pour commencer la terrariophilie…

J’ai également eu des cas de nourrissage conseillé inadapté, trop fréquent ou trop petit par exemple. Et ce conseil récurrent que l’hivernation est totalement inutile, en contradiction avec la biologie naturelle de l’espèce et les recommandations de certains vétérinaires spécialisés (voir l’article sur la conférence du Dr Pailluseau sur l’obésité en captivité).

Mauvais conseils de matériel 

Les recommandations d’un matériel inadapté au maintien d’un serpent des blés en captivité sont moins fréquentes mais existent tout de même. Les cas les plus problématiques sont ceux qui présentent un risque pour la vie de l’animal, comme de mettre une ampoule chauffante 150W non protégée à l’intérieur du terrarium. Une personne m’a contacté car lors de son achat, il lui avait été vendu une ampoule chauffante et UV de 100W + un tapis chauffant mais sans aucun thermostat. Ce genre d’installation, non régulée par un système extérieur, présente de forts risques de brûlures, et de température excessive surtout en période estivale. C’est pourtant ce qui avait été recommandé par un vendeur dans une animalerie généraliste.

Pouvons-nous tirer des conclusions de tout cela ? Les vendeurs en animalerie seraient-ils incompétents ? Mal compris par les clients ? Et si c’était un peu plus compliqué que ça ?

La faute à des vendeurs en reptiles incompétents ?

Reprenons le dernier exemple concret avec un matériel inadapté. Après investigations, il s’est avéré que je connaissais le capacitaire reptile du magasin en question. [Pour rappel : un capacitaire est une personne qui a passé un certificat de capacité, dossier administratif prouvant ses connaissances et capacités de maintien de certaines espèces animales. Une animalerie ne peut pas vendre de reptiles si elle n’a pas dans ses équipes une personne avec un certificat de capacité (CDC) pour les espèces de reptiles qu’elle souhaite vendre.]. J’ai ainsi appris qu’il n’était pas au magasin lors de cette vente, et qu’il était le seul vendeur spécialisé en reptiles du magasin. En son absence, ses collègues doivent bien vendre des reptiles tout de même. Malgré plusieurs formations en interne, un collègue peu impliqué avait pourtant pour habitude de donner des conseils bien peu adaptés. Même avec plusieurs discussions internes et remontées à la hiérarchie, rien n’y faisait.

Comment fonctionne donc une animalerie pour que la personne la plus compétente sur un groupe d’espèces ne soit pas écouté ?

Les dessous du métier de vendeur reptiles en animalerie 

Un seul capacitaire reptile par magasin

Sachez que le statut de capacitaire n’est pas synonyme de responsabilités managériales au sein d’une animalerie. En d’autres termes, le capacitaire n’a aucun pouvoir sur ses collègues. Si le terme de « capacitaire » fait rêver de nombreux terrariophiles et impose le respect, dans les faits, c’est une simple formalité pour les élèves des filières animalières. Le Bac pro TCVA (Technicien conseil vente en animalerie) donne automatiquement un certificat de capacité pour les espèces domestiques et certaines espèces non domestiques.

Seul le responsable de rayon a une quelconque responsabilité et une écoute relative auprès de la direction. Les autres vendeurs sont tous au même niveau, et ont généralement chacun leur spécialité animalière.

Ainsi, si vous passez au magasin en l’absence du vendeur spécialisé en reptile, rien ne vous assure de la qualité des informations qui vous seront prodiguées. Bien entendu, il n’est indiqué nulle part sur les uniformes la spécialité de chaque personne. À moins de demander, vous ne saurez donc pas si vous avez affaire à quelqu’un qui a passé un certificat de capacité spécialisé en reptiles ou non. Et même si la personne est spécialisée en reptiles, demandez ses affinités au sein de la famille des reptiles. J’ai connu un capacitaire reptile dont la passion première était les tortues. Cela ne remet pas en cause l’intégralité des conseils donnés bien sûr, vous avez au moins l’avantage de parler à quelqu’un de familiarisé avec les contraintes biologiques des reptiles et qui connait le matériel lié. Mais certains conseils précis sur une espèce seront peut-être à vérifier. Le nourrissage notamment demande de l’expérience et du recul pour être conseillé, car les recommandations générales décrites dans les ouvrages ne s’adaptent pas à chaque cas. Or pour des espèces que le capacitaire n’a jamais maintenues, les connaissances sont souvent théoriques et issues de la littérature. 

Un manque de temps et de moyens 

Pourquoi, même dans des animaleries où il y a un capacitaire en reptiles, on trouve des aberrances de maintien ? Des spécimens de serpents avec des mauvaises mues par exemple, des serpents maintenus à plusieurs malgré les risques, des proies non mangées qui se décomposent sur le substrat… (anecdote que j’ai moi-même constaté, d’un rosé qui devait trainer sur le substrat depuis plus d’une journée vu la couleur et l’état…).

Tout simplement parce que le travail de vendeur en animalerie ne se résume pas à s’occuper des animaux. Dans une journée, les vendeurs doivent remplir plusieurs tâches :

  • Nettoyer les installations,
  • Nourrir les animaux,
  • Achalander les rayons en produits,
  • Faire la réception des produits au niveau de la logistique,
  • Passer les commandes de matériel/animaux,
  • Nettoyer les rayons,
  • Conseiller et servir les clients,
  • Répondre aux appels de la caisse qui a des problèmes de prix sur les produits du rayon (doux souvenirs de promotions sur les poissons qui ne passaient jamais comme il faut en caisse…).

Selon le nombre de clients dans la journée, le temps dédié aux autres tâches réduit en conséquence.

D’autant que selon la surface du magasin, et surtout la politique managériale, le nombre d’employés en rayon varie en fonction des jours ou des heures. Dans la jardinerie où je travaillais, seule la moitié de l’équipe travaillait le dimanche (ce qui est normal, il y a des obligations légales). Sauf que le dimanche n’est pas forcément le jour le plus calme. Forcément, les animaleries/jardineries font partie des rares magasins ouverts le dimanche, où l’on peut donc « sortir les enfants » et les emmener « voir des animaux ». Le service minimum du rayon animalerie est donc vite occupé.

Le lundi, on rattrape donc ce qui n’a peut-être pas pu être fait le dimanche. Et selon le monde en magasin, on court contre la montre pour faire tout ce que l’on a à faire.

D’autant que le conseil en animalerie ne prend pas 2 secondes. Il s’agit de vivant, il faut savoir si la personne a déjà des connaissances. Si ce n’est pas le cas, réussir à lui résumer toute la biologie et le mode de vie d’un être vivant complexe en quelques minutes pour ne pas faire attendre les autres clients qui s’accumulent déjà, conseiller le bon matériel, rediriger la personne vers une autre espèce si des éléments coincent, prendre le temps de choisir le spécimen précis qui plait à la personne (ô joie de soulever toutes les cachettes pour trouver LA souris que la personne a repéré et qui s’est cachée depuis, ou réussir à attraper LE poisson rouge avec une tâche blanche qui a tapé dans l’œil du petit dernier…). Contrairement aux autres rayons de la jardinerie, tout animal qui sort du magasin est passé entre les mains d’un vendeur. Il a été soigneusement mis en boîte et apporté à l’hôtesse de caisse par le vendeur (sauf les poissons en général), qui fait donc des allers-retour supplémentaires à ajouter dans son emploi du temps.

Comprenez donc que, selon les périodes et les enseignes, le vendeur d’animalerie à un emploi du temps très chargé. Il dépend notamment des moyens donnés par sa direction, c’est-à-dire entre autres du nombre de personnes employées dans le rayon. Sachant que bien souvent la direction met très peu les pieds en rayon, et ignore le quotidien de ces salariés. Le directeur d’animalerie/jardinierie de grande enseigne est un gestionnaire, gestionnaire de chiffres notamment, jamais un passionné qui a monté sa petite structure après avoir travaillé en rayon.

La situation peut être pire durant la période estivale, souvent saison morte des animaleries/jardineries, où les employés sont forcés à prendre leurs congés payés. C’est une période où bien souvent le nombre de vendeur est amené au minimum pour permettre les congés de chacun. Et selon les collègues, il arrive que le vendeur reptile, s’il est seul à être affecté à ces animaux, ne soit pas du tout remplacé dans ses tâches pendant cette période. C’est-à-dire que durant ses congés, ses collègues vont vendre les reptiles si des clients leurs en demandent, mais c’est tout. Bien souvent, (encore une fois, cela dépend des magasins et collaborateurs), les reptiles ne sont ni nourris ni entretenus durant l’absence du collègue « attitré ».

L’interdiction de refuser une vente 

On peut parfois voir sur leboncoin ou des groupes Facebook, des personnes avec un matériel inadapté, ou des connaissances limitées voire quasiment absentes sur l’animal. Voici une règle de notre système capitaliste : l’interdiction de refuser une vente. Certains magasins autorisent tout de même leurs vendeurs à refuser une vente, mais c’est assez rare. Il faut être assuré que la personne va vraiment causer du tort à l’animal. Complexe à savoir, la personne peut toujours mentir.

Si la personne dit qu’elle a toutes les connaissances ou le matériel requis, comment le vendeur peut-il en douter ? Et même si la personne est conseillée par le vendeur mais que celle-ci n’achète finalement que du matériel inadapté, comment l’empêcher de passer en caisse avec l’animal ? De même, si une vente est refusée, bien souvent le gestionnaire ne verra qu’une vente de perdue, et donc de l’argent en moins sur le bilan financier.

J’ai plusieurs fois vu des collègues animaliers me dire qu’ils étaient persuadés que la personne à qui ils ont servi tel oiseau ou tel poisson n’avait pas le matériel adapté, mais quelle preuve avaient-ils ? Et quel recours ? S’ils refusent la vente, le client au mieux demandera à voir le responsable qui, espèrons-le, ira dans le sens du vendeur ; au pire laissera un avis négatif sur les réseaux sociaux et autres outils digitaux et le vendeur en récupérera la responsabilité.  

Faut-il ne pas aimer les animaux pour travailler en animalerie ? 

Bien sûr, tous les clients d’animalerie ne sont pas comme ça. Mais ils sont nombreux à se renseigner peu, faire de l’achat coup de cœur, prendre un animal parce qu’il est « classe », « mignon », « pas cher », en mettant de côté les responsabilités que cela demande de s’occuper d’une vie. Et les vendeurs passionnés, alors de désespérer de servir des animaux qu’ils sauront mort dans quelques heures, jours ou semaines.

Ils quittent alors leur poste, et sont remplacés par des personnes moins motivées, moins compétentes, mais moins impactées par le devenir de ces animaux marchandises. D’ailleurs, sachez que tous les vendeurs du rayon animalerie ne sont pas obligés d’avoir une formation dans ce secteur. Tous les animaux vendus doivent être « couverts » par un ou plusieurs capacitaires pour ces espèces. Une fois cette condition remplie, vous pouvez avoir des employés sans certificat de capacité dans le rayon. Moi-même on m’avait proposé de travailler en saisonnier dans le rayon animalerie sans aucune formation ou connaissance, ce que j’avais refusé (À la place j’ai vendu des plantes sans formation et des connaissances très limitées, mais chut 😉).

Que pouvons-nous résumer de cela ? Les vendeurs en animalerie ne sont pas tous formés au maintien de reptiles, les fournisseurs ne donnent pas toutes les informations, le temps dédié à l’entretien des installations et aux conseils clientèle donne des informations régulièrement incomplètes, les conditions de travail finissent par démotiver au mieux, au pire faire fuir les vendeurs compètents… Rappelons que le salaire moyen d’un salarié de ce genre de structure est le SMIC, même après plusieurs années.

Quelle est la part de l’acheteur ? 

Les clients sont donc livrés à eux-mêmes, condamnés à devoir faire avec des animaleries privées de leurs bons éléments ? Non, car comme nous l’avons dit, des irréductibles passionnés qui résistent encore et toujours aux pressions managériales et commerciales, il en reste. Il faut savoir les identifier, les soutenir, les bichonner. Mais aussi, ne pas tout faire reposer sur le vendeur. Car même eux se désolent parfois d’acheteurs peu impliqués, peu renseignés, qui n’écoutent pas les conseils et finissent par faire n’importe quoi…

Se renseigner avant l’achat d’un animal 

Si vous avez vraiment envie de faire au mieux pour votre animal, vous aurez compris à la lecture de ce descriptif du monde impitoyable des animaleries que les vendeurs peuvent être dépassés. Si vous en connaissez un bon, passionné sur votre espèce et pertinent, vous aurez des échanges appréciables, des retours d’expérience intéressants pour vous inspirer. Toutefois, vous gagnerez du temps et lui aussi en vous renseignant sur la base du maintien avant votre venue en magasin. Aujourd’hui, internet regorge d’informations, les livres n’ont jamais été aussi faciles à trouver et rapides à acheter. Une grande partie des informations de base peut donc être apprise avant tout achat. Vous pouvez ensuite parler détails concrets, retour d’expérience avec le vendeur qui maintien aussi cette espèce. Et surtout, cela vous évitera de déprimer des vendeurs en demandant des choses bien peu compatibles avec le bien-être de l’animal en captivité, comme maintenir un Gutt adulte dans un terrarium de 45x45cm ou sans chauffage… 

Ne pas céder à l’achat coup de coeur

Lorsqu’on fait remarquer à certaines personnes peu renseignées l’état de leurs connaissances sur l’espèce, la réponse est souvent « c’était un achat coup de cœur donc on se renseigne après ».

Cela revient donc aux problèmes du début. Si vous êtes tombé lors d’un vendeur non spécialisé au moment de votre achat coup de cœur, vous avez pu recevoir de mauvais conseils, acheter du matériel inadapté, et donc prendre un mauvais départ. Au mieux vous risquez de le découvrir sur les groupes Facebook sur lesquels vous partagerez l’arrivée de votre nouveau venu, au pire vous l’ignorerez et pourrez avoir des problèmes de santé, d’évasion ou autre avec votre animal.

Bien sûr, un achat coup de cœur est toujours possible, lorsque l’on connait déjà l’espèce !  C’est moins recommandé lorsqu’on la découvre totalement… Même au sein des reptiles, ou même de la famille des ophidiens (serpents), il peut y avoir des différences de maintien d’une espèce à l’autre. Certaines peuvent avoir des similitudes et être faciles à découvrir, d’autres quasiment impossibles à maintenir en vie même en étant renseigné… Certes ce n’est pas le cas des Gutt, mais si ce sont des serpents considérés comme « pour débutants », ils ne sont pas immortels pour autant… Avec ces animaux, lorsqu’un symptôme survient c’est que le problème est déjà grave. Ne négligez donc pas la période de renseignement.

En conclusion, le travail de vendeur en animalerie n’est pas tout rose, et surtout, les vendeurs n’ont pas vocation à être votre seule source d’information. En achetant auprès d’un éleveur professionnel, vous aurez davantage d’informations fiables (mutation, date de naissance) qu’après d’une animalerie généraliste. Mais quel que soit votre lieu d’achat, l’adoption d’un animal demande d’accumuler des connaissances, notamment techniques dans le cas d’un reptile. Préférez toujours décaler un achat et prévoir plus de temps de préparation que d’acheter un spécimen sur un coup de tête… Même en animalerie, ils sont généralement capables de réserver un animal quelques jours.

Le 25/04/2021 a eu lieu une webconférence animée par le docteur Clément Paillusseau, docteur vétérinaire spécialisé en reptiles officiant à la clinique vétérinaire du village d’Auteuil avec le Dr Schiliger à Paris. Doit-on encore présenter le Dr Schiliger, vétérinaire spécialisé en reptiles et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet de la santé des reptiles ? N’hésitez pas à effectuer des recherches Google sur lui et à vous procurer ses ouvrages.

Le Dr Paillusseau faisait part durant cette conférence de son expérience sur l’obésité des reptiles en captivité, expérience obtenue par ses nombreuses consultations à la clinique et par ses voyages à l’étranger pour y observer des reptiles sauvages

Accepter que l’on ne sait rien sur le nourrissage adapté aux reptiles en captivité

L’introduction de la conférence a été un rappel essentiel : à l’heure actuelle, nous ne savons rien sur le nourrissage adapté à fournir aux reptiles en captivité.

Des études scientifiques ont tenté de définir des formules de calcul des apports énergétiques pour les reptiles. Toutefois, ces formules se heurtent à plusieurs problèmes.

Une activité physique variable

Les études ont tenté de mesurer les apports nécessaires pour qu’un reptile se maintienne à son poids idéal. Pour cela, elles ont mesuré les dépenses énergétiques d’un animal immobile maintenu au calme dans le noir. En effet, difficile d’évaluer les dépenses d’un reptile en activité, ceux-ci doivent être peu coopératifs face aux outils de mesure.

Cette méthode a permis d’obtenir des données, mais forcément incomplètes. Les données étaient au repos, à une température fixe. Quelles sont les dépenses lorsque l’animal est en activité ? Sur les Sauriens (lézards), le test a été fait de mesurer les dépenses à deux températures différentes : 30 et 37°. Les dépenses énergétiques étaient le double à 37° ! En effet, l’aspect poïkilotherme des reptiles pose un problème de calcul. Leurs dépenses sont différentes en fonction de la température à laquelle ils s’exposent, et celle-ci varie forcément au cours de la journée.

Il est intéressant de relever que les études ont tout de même permis de montrer que le coefficient de dépenses énergétique supplémentaire était de 2,5 pour les situations de stress ou de croissance, d’1,5 durant la gestation, et 1,25 pendant l’activité.

Chaque spécimen ayant une activité et des conditions de maintien différent, il est dès lors impossible d’estimer la quantité d’énergie dépensée par l’animal par jour, et donc la quantité d’alimentation idéale pour couvrir ces apports.

Des apports nutritionnels complexes à mesurer

Une autre problématique est d’estimer justement les apports nutritionnels de l’alimentation qui leur est donnée. Dans le cas des reptiles végétariens et frugivores, à qui l’on donne des fruits et légumes consommés par l’homme, il est possible d’évaluer ces apports. Mais pour les reptiles carnivores à qui l’on donne des proies spécifiques (insectes, rongeurs…), ces proies ne font l’objet d’aucune analyse nutritionnelle, puisqu’elles ne font pas partie de la consommation humaine. De plus, en fonction des fournisseurs, des méthodes de production, les différentes proies ont des valeurs nutritionnelles très différentes.

Par rapport à ces données nutritionnelles apportées par les proies, il faut encore évaluer la quantité métabolisable par l’animal, c’est-à-dire utilisée pour nourrir l’organisme. En effet, 100% de la composition d’un aliment n’est pas exploité par un organisme (d’où les excréments qui éliminent le reste notamment). Il est admis que les régimes carnivores sont mieux lotis que les autres, avec plus de 50% des composants qui sont assimilés par l’organisme.

En résumé, à l’heure actuelle, il est impossible d’estimer les dépenses énergétiques et les apports nutritionnels des reptiles, et donc d’en déduire une alimentation équilibrée à leur fournir.

Comment savoir si un reptile est gros ?

Ainsi, le seul moyen de savoir si un reptile est gros et donc si son alimentation est adaptée ou non, est de se fier à l’observation.

Pour cela, l’élément de comparaison ne doit pas être d’autres spécimens captifs, généralement sur-nourri également. Il est important d’avoir un référentiel de spécimens sauvages. Pour cela, des photos de spécimens observés dans la nature sont un bon repère. Vous pouvez ainsi consulter Google en indiquant le nom de l’espèce + « herping » ou « in natura », ou consulter des groupes ou sites d’herping et chercher par espèce.

Une fois que vous avez évalué quelle est la morphologie qui semble optimale pour l’espèce, le but est de l’atteindre en adaptant l’alimentation de votre animal. Une fois cette morphologie obtenue, vous pouvez peser votre reptile afin d’avoir une valeur de référence autour de laquelle vous allez graviter.

Il n’existe pas de poids idéal par espèce. Chaque spécimen est différent en termes de métabolisme, de taille, d’activité. Un poids idéal pour un spécimen pourra être trop bas ou trop haut pour un autre. C’est pourquoi il est impossible de donner des poids idéaux, et que l’observation est le seul modèle possible. Le poids est une donnée numérique qui permet d’avoir un repère pour son spécimen mais qui ne peut se suffire à lui-même.

Le métabolisme spécifique des reptiles et l’impact sur le traitement de la graisse

Les reptiles sont des animaux naturellement conçus pour s’adapter à des périodes de disette. Ils sont opportunistes et refusent rarement de la nourriture, ne sachant instinctivement quand ils auront à nouveau l’occasion de se nourrir. Ce reflexe naturel est conservé en captivité, et nous force, en tant que propriétaire, à choisir pour eux le meilleur moment pour distribuer de la nourriture. Si nous n’ajustons pas leur fréquence de nourrissage, ils vont très peu se réguler.

Ce contexte naturel explique la manière qu’ils ont de stocker la graisse, et qui diffère selon les types de reptiles.

Les sauriens par exemple n’ont pas de possibilité de stocker le gras sous la peau, il est ainsi accumulé par le foie.

Chez les Ophidiens, qui nous intéressent particulièrement en tant que propriétaires de reptiles, la graisse est stockée à différents endroits :

  • Dans le corps gras, qui est une réserve située dans le dernier tiers du corps, avant le cloaque,
  • Dans la zone de la tyroïde,
  • Lorsque les réserves précédentes sont pleines, en sous-cutanée (sous la peau).

Cela signifie que lorsque le gras commence à se voir sur un serpent, c’est que l’obésité est déjà très grave.

Les différentes pathologies liées à l’obésité

L’obésité peut donc provoquer différentes maladies, généralement mortelles ou nécessitant une chirurgie.

La Lipidose hépatique

Cette maladie est causée par un excès de gras dans le foie. En effet, c’est cet organe qui s’occupe principalement de filtrer et stocker le gras. Mais lorsqu’il est engorgé, il ne peut plus effectuer ses fonctions primaires de filtration du sang notamment. Quand cet organe ne fonctionne plus, cela dégrade donc l’ensemble de l’organisme.

La lipidose hépatique est causée par une alimentation trop riche. L’absence d’hivernation est un facteur aggravant puisque cette période permet de réguler l’organisme.

Les symptômes de la lipidose hépatique sont : faiblesse, léthargie, anorexie, ictère, accompagné parfois de troubles neurologiques.

La goutte nutritionnelle

La goutte nutritionnelle désigne un excès d’acide urique qui ne peut être éliminé par les reins, et qui s’accumule autour des organes. L’acide urique est habituellement éliminé dans l’urine, mais en cas d’excès, les reins peinent à l’éliminer et il s’accumule notamment autour des articulations.

La goutte nutritionnelle provoque alors des gonflements articulaires, des difficultés de déplacement, de l’anorexie et une léthargie. Cette goutte nutritionnelle est plus fréquente chez les sauriens.

Stase folliculaire

La stase folliculaire désigne les ovaires qui gonflent, mais qui n’ovulent pas. Cela provoque une compression au niveau de l’abdomen, avec possiblement un éclatement de ces follicules. C’est donc une maladie grave, qui ne peut être traitée que par chirurgie, en retirant ces follicules.

La stase folliculaire est plus courante chez les sauriens, et bien plus rare chez les ophidiens. Elle est favorisée par l’absence de reproduction, l’obésité et l’absence d’hivernation. Ces différents facteurs sont souvent tous présents dans les cas observés par le Dr Paillusseau.

Quelles actions mettre en place pour soigner une obésité ?

Votre Pantherophis guttatus est obèse ? Ou tout autre espèce de reptile ? Que faire pour les ramener à une morphologie plus saine ?

Bien que les reptiles soient naturellement adaptés à des périodes de jeune, il est contreproductif de mettre l’animal à la diète stricte en attendant qu’il revienne au poids voulu. Sachez qu’il faut autant de temps à l’animal pour retrouver son poids de forme qu’il n’en a fallu pour devenir obèse. Et l’obésité ne survient pas en quelques semaines. Pour ramener votre animal à une morphologie idéale, il faudra donc être patient.

Le Dr Paillusseau conseille donc de continuer à nourrir l’animal, mais avec des proies plus petites, à une fréquence moins élevée qu’auparavant. De même, l’hivernation est idéale pour reposer l’organisme et aider à retrouver un poids de forme. Bien sûr, elle s’applique aux espèces qui hivernent dans leur milieu d’origine, cela ne concerne pas 100% des espèces présentent en terrariophilie. Mais les Pantherophis guttatus hivernent dans leur milieu naturel, l’hivernation est donc fortement conseillée et très positive, elle n’est pas réservée aux projets de reproduction.

Comment éviter une obésité chez les reptiles ?

La très grande majorité des reptiles élevés en captivité sont en surpoids d’après l’expérience du Dr Paillusseau. Il vaut donc mieux nourrir moins que nourrir trop.

Céder à l’anthropomorphisme (transposer sur l’animal des pensées et comportements humains) notamment pousse souvent à trop nourrir, pensant que le reptile a faim à la moindre activité excessive.

En effet, il est important également d’être conscient que l’activité des reptiles en captivité est forcément moins intense que celle qu’ils ont dans la nature. C’est d’autant plus vrai pour les serpents, qui sont souvent présentés comme des animaux tapis, avec très peu d’activité physique en dehors des périodes de chasse.

C’est souvent une fausse idée. Dans la nature, leur territoire est bien plus important qu’un mètre carré. Et l’activité varie souvent d’un animal à l’autre.

Si je prends mon expérience personnelle, sur les 5 Pantherophis guttatus adultes qui vivent chez moi, 3 sont assez actifs durant toute la période du printemps à l’automne, dont 1 est à la limite de la suractivité, tournant très intensément dans le terrarium, notamment au printemps. De plus, nous ne sommes pas devant les terrariums 24h/24. Un serpent qui peut paraître casanier, peut en fait se déplacer beaucoup dès que la pièce est calme. Je considérais l’un de mes serpents, un peu gras d’ailleurs, comme vraiment peu actif, très peu visible. Et voilà qu’après sa première mue 2021, il est beaucoup plus actif et visible en journée. Est-ce un changement d’activité soudain, ou le fait qu’avec le télétravail, je puisse plus souvent voir ses déplacements ? Attention aux jugements attifs sur le mode de vie sur ces animaux.

Cette étude de suivi de populations de couleuvres helvétiques et vipérine en Suisse montre notamment des déplacements de couleuvre pouvant aller jusqu’à 1km en une semaine ! Bien que ce ne soit qu’un seul individu, les autres données montrent bien que ces animaux se déplacent.

Les enseignements à retenir pour le nourrissage des serpents des blés en captivité

En résumé, les reptiles, serpents inclus, sont souvent beaucoup trop nourris en captivité. Leur longévité est donc impactée, ainsi que leur santé. De nombreuses photos d’autopsies montrent des masses graisseuses massives, excessives, malgré un aspect extérieur qui ne le laisse pas présager.

Ajuster le nourrissage

Le Dr Paillusseau conseille donc de privilégier un nourrissage léger plutôt qu’un intensif. Il vaut mieux nourrir ce qui nous paraît peu que ce qui nous paraît normal. Les ouvrages parlant des serpents des blés ont souvent plusieurs années, et présentent des méthodes de nourrissage adaptées à un élevage professionnel ayant un but de reproduction. Les fréquences de nourrissage indiquées sont présentées dans un contexte où les animaux sont hivernés pour la reproduction et ont besoin de reprendre des forces suite à ces périodes d’effort.

Ainsi, la fréquence de nourrissage d’un Gutt adulte est généralement plus autour d’une souris tous les 15 jours à 3 semaines, qu’à une souris par semaine ou tous les 10 jours.

De même, une proie par repas est largement suffisant tant que celle-ci est de taille adaptée. Le Dr Paillusseau a d’ailleurs fait par d’une étude faite sur des boas juvéniles, et montrant que ceux nourris une fois par semaine d’une proie de taille adaptée grandissaient mieux que ceux nourris deux fois par semaine avec des proies plus petites.

Enfin, les souris adultes de 30 grammes suffisent pour les Gutt. Les rats sont inutiles ou doivent être donnés très occasionnellement. Un gutt nourri tous les 15 jours toute sa vie d’un rat finira forcément par développer une obésité morbide.

Accepter les refus de nourriture

De nombreuses personnes stressent lors d’un refus de prise de nourriture de leur serpent des blés. Pourtant, dans de nombreux cas, cela se présente sur des spécimens adultes, nourris fréquemment et non hivernés. Ce refus pourrait indiquer un excès, une régulation de l’animal. Un serpent qui a toujours bien mangé peut facilement jeuner plusieurs mois sans perdre de poids, il est donc inutile de s’inquiéter. De même, n’hésitez pas à faire louper des repas. Votre serpent ne vous en voudra pas si vous décalez un repas d’un jour ou d’une semaine. Les mues sont les moments idéaux pour faire une pause. Avant de décongeler vos souris, vérifiez que votre ou vos serpents ne soient pas en mue. S’ils le sont, nourrissez le ou les concernés la semaine d’après.

Favoriser l’activité des animaux

Enfin, les études citées plus haut montrent que l’activité physique est bien sûr une source de dépense énergétique pour votre animal. Plus il est actif, plus il pourra compenser la nourriture donnée. Bien sûr, nous n’avons pas la place de recréer chez nous un territoire naturel de plusieurs mètres carrés. Toutefois, en aménageant au mieux le terrarium, en créant des zones en hauteur et en apportant le maximum de sécurité à l’animal pour qu’il ait envie de s’y déplacer, on peut tenter de favoriser cette activité.

L’enrichissement pour les ophidiens est très peu étudié ou abordé en captivité. Ce serait pourtant une piste intéressante pour stimuler une activité physique. Si vous avez des rongeurs de compagnie (lapin par exemple), des poils frottés dans le terrarium et disséminés permettent au serpent de découvrir des odeurs et de s’occuper à « chasser ». Placer de nouveaux éléments de décor favorise également l’activité, en donnant de nouvelles odeurs à analyser. C’est encore plus efficace avec des éléments extérieurs naturels, plus riches en odeur qu’un élément synthétique.

L’hivernation n’est pas que pour la reproduction !

L’hivernation a un véritable intérêt pour la longévité et la bonne santé des Pantherophis guttatus. Cela fait partie de leur cycle naturel, et permet de compenser le sur-nourrissage dont l’on fait souvent preuve. Pourtant, elle est très peu pratiquée chez les propriétaires, même par ceux qui font des reproductions. Facilitée, manque d’informations sur son intérêt ou de documentation sur sa mise en œuvre ? Elle n’est pourtant pas si complexe que cela à effectuer. Un simple abaissement aux températures d’une pièce non chauffée pendant 2 mois apporte déjà un repos bienfaiteur à leur organisme.

Et encore une fois, la seule méthode pour savoir si son Pantherophis guttatus ou non, est l’observation. Cherchez et enregistrez des photos de spécimens sauvages afin d’avoir un autre référentiel que les spécimens captifs, apprenez à comparer leur morphologie à votre animal, et adaptez le nourrissage pour l’en approcher. Rappelez-vous que les serpents des blés peuvent vivre 15 ans en captivité. Pourtant, peu de spécimens atteignent cet âge.

J’espère que ce résumé vous aura donné envie d’observer différemment votre Gutt et peut-être d’ajuster son nourrissage ou simplement davantage étudier le sujet 😉

Et surtout, n’hésitez pas à suivre le programme des Herp Meetings, de nombreuses conférences intéressantes y sont proposées ! Chaque conférence est à prix libre. Pour cela, faites une demande sur le groupe Facebook Herp Meetings ou inscrivez-vous aux conférences via HelloAsso. Les dates sont ajoutées au fur et à mesure sur la plateforme, le groupe Facebook permet d’en être averti en avance.

Les souris congelées sont très privilégiées pour nourrir les serpents en captivité. Faciles à stocker avec une longue conservation, sécuritaires pour les serpents et disponibles dans toutes les tailles, elles garnissent le congélateur de nombreux terrariophiles. Mais les débutants se demandent souvent où se fournir en souris congelées. Voici une liste d’endroits où l’on peut les trouver avec les avantages et inconvénients de ces différents fournisseurs.

Acheter des souris en animaleries

De plus en plus d’animaleries généralistes (Truffaut, Jardiland, Animalis, etc) proposent des souris congelées de toutes tailles. Elles sont issues de fournisseurs spécialisées, ce ne sont pas des souris de l’animalerie.

Les animaleries spécialisées en reptiles proposent également des proies congelées.

Appelez toutefois votre animalerie avant de vous déplacer, car les stocks sont souvent limités.

Les tailles des proies sont généralement « standardisées », avec des poids relativement équivalents. C’est le cas surtout dans le cas des proies de petites tailles (rosés, blanchons) qui sont vendues en plaques avec compartiment individuel. Ce genre de packaging empêche de pouvoir voir les différences tailles éventuelles entre les souris pour adapter à son animal. Mais c’est spécifique à un fournisseur.

Acheter des souris chez des éleveurs

Certains terrariophiles avec de grands cheptels font leur propre élevage de souris. Ils vendent donc régulièrement leur surplus de production. L’intérêt de trouver un éleveur, c’est que les prix peuvent être moins chers qu’en animalerie, vous connaissez le mode d’élevage et le nourrissage des souris, ainsi que la méthode de mise à mort. Toutefois, ce genre d’élevage de grande taille reste rare chez les amateurs, ils sont donc compliqués à trouver.

De plus, comme le but initial de ce type d’élevage est de subvenir aux besoins de son propre cheptel de serpents, les surplus ne sont pas forcément fréquents ou abondants. Il faut avoir la chance de connaître un terrariophile qui a des disponibilités, souvent par le bouche à oreille.

Acheter des souris sur Internet

Des sites internet proposent la vente en ligne de souris et rats congelés. Ce sont souvent des sites de matériel terrariophiles qui ont une section nourriture. Les souris congelées sont alors envoyées le jour de la préparation du colis pour une livraison le lendemain, dans des boîtes polystyrène avec glace carbonique pour éviter une décongélation des proies.

Ces sites proposent des souris congelées généralement moins chères qu’en animalerie, et avec toutes les tailles de proies. De plus, les stocks sont généralement adaptés pour répondre à la forte demande issue des commandes en ligne.
La contrainte est de s’assurer d’être disponible pour la réception des souris congelées, pour les mettre au congélateur le plus vite possible. La glace carbonique dans le colis permet de maintenir la congélation de manière optimale pendant X heures. Si vous ne pouvez pas être là à réception, assurez-vous d’avoir un voisin de disponible (et d’accord) pour le récupérer pour vous, ou faites livrer chez quelqu’un de disponible.

Les frais de port compensent souvent le prix unitaire moins élevé. Mais un prix dégressif est souvent proposé. Il est donc souvent conseillé de faire une grosse commande pour plusieurs mois pour rentabiliser au mieux.

Ces sites ont toutefois tendance à réduire en nombre avec le temps. Il existe encore Miam Miam Reptiles et Barf Food France par exemple.

Vous avez à présent toutes les informations pour remplir le garde-manger de vos serpents avec la méthode qui vous convient le mieux 😉

Lorsqu’un débutant veut commencer la terrariophilie et demande des espèces qui conviendraient, deux noms reviennent systématiquement : Pantherophis guttatus (serpent des blés) et Python regius (python royal).

Bon le regius ça peut être soumis à débat parce que leur longue période de jeun assez fréquente peut déstabiliser plus d’un débutant, en plus de leur caractère trouillard qui leur fait louper des repas.

Mais surtout, ce n’est pas montrer la grande diversité des espèces disponibles qui peuvent très bien convenir à des débutants. La plupart des espèces présentées ici ont des conditions de maintien (températures, hygrométrie) similaires aux Gutts.

Genre Boaedon

Les Boaedons sont des couleuvres africaines de petite taille (1m environ pour les mâles et 1m20 pour les femelles).boaedon-capensis

Leur maintien est similaire aux Gutts : 30° au point chaud, 25° au point froid, et 25° au point chaud la nuit.

Ce sont de bons mangeurs une fois démarrés, plutôt actifs et curieux, et présentent quelques mutations en fonction des espèces. On retrouve des albinos et hypo par exemple, ainsi que des localités.

3 espèces sont plus souvent croisées en terrariophilie : Boaedon capensis, Boaedon lineatus et Boaedon fuliginosus.

À savoir que ces 3 espèces sont assez souvent confondues, surtout la capensis et fuligonosus. Beaucoup de spécimens sont donc souvent des « cross », des hybrides entre deux espèces.

Fiche d’élevage détaillée : http://gentilcopain.com/fiches/lamprophis_spp/

(Photo : Boaedon capensis classique © Guttatophiles)

Zamenis situla

La couleuvre léopard est souvent considérée comme la plus belle couleuvre d’Europe ! Zamenis situla est en effet présente en Grèce, Italie, Turquie et d’autres pays européens de l’Est. C’est un petit gabarit de 70cm en moyenne pouvant aller jusqu’à 1m10.

Cette espèce préfère généralement de petites proies. La manipulation est vivement déconseillée car c’est une espèce un peu stressée, elle convient aux terrariophiles qui souhaitent avant tout de l’observation !

Il n’y a pas de mutation sur cette espèce mais uniquement une localité lignée originaire de l’île de Milos, qui rappelle le pattern du Tessera chez les Gutts.

Les températures sont un peu moins élevées que celles d’un Gutt : plutôt 26° au point chaud au printemps, puis 30° en été. Un terrarium naturel se prête bien à cette espèce. C’est une espèce diurne et active, prévoyez un éclairage du terrarium.

Fiche d’élevage détaillée : https://arthropodus.com/2017/02/11/fiche-d-elevage-de-la-couleuvre-leopard-leopardine-zamenis-situla-linnaeus-1758/

Genre Lampropeltis

On entend souvent parler du Lampropeltis californae. D’ailleurs on ne voit quasiment que lui… Alors que beaucoup d’autres espèces existent, et souvent bien plus belles d’un point de vue personnel 😉

Voici quelques idées d’espèces, souvent moins simples à trouver que le californae :

  • Lampropeltis pyromelana
  • Lampropeltis alterna
  • Lampropeltis knoblochi
  • Lampropeltis mexicana
  • Lampropeltis triangulum

Je vous laisse chercher le maintien de chaque espèce même s’il est assez proche, toutes ces espèces se rencontrant en Amérique du Nord. Mais étant donné la taille des Etats-Unis, des différences de températures peuvent survenir.

Kiba Reptiles, dont une interview est présente sur le blog, possède plusieurs de ces espèces. Vous pouvez aller en voir des photos sur la page Facebook de l’élevage.

Antaresia childreni

Ce python australien a un petit gabarit : de 80 à 100cm. C’est un python assez calme et bon mangeur. Étant originaire d’Australie, il demande des températures similaires aux Gutt (30° au point chaud et 25° au point froid en journée) avec tout de même une température de nuit un peu plus élevée au point chaud.

Morelia spilota

Les pythons australiens du genre Morelia sont nettement plus grands que leurs cousins Antaresia. Ils font en moyenne 1m80 mètres de long et peuvent atteindre 3m pour les plus grands spécimens de certaines sous-espèces. Ils ont un caractère assez vif et défensif, à manipuler avec plus de précautions. À réserver aux personnes souhaitant un animal avec un peu de caractère 😉

Le Morelia spilota cheynei est assez apprécié des terrariophiles grâce à son contraste noir et jaune intense (un magnifique spécimen est présenté sur la page de l’élevage Serpents du Monde).

On retrouve aussi Morelia spilota variegata, Morelia spilota harrisoni et Morelia spilota McDowelli dans les plus courants. Ces sous-espèces sont assez proches physiquement. Elles sont d’ailleurs très régulièrement hybridées. Si vous êtes puriste, renseignez-vous bien sur la lignée du spécimen.

Certaines sous-espèces présentent des mutations, parfois obtenues avec des hybridations (Panguar par exemple).

Elaphe climacophora

L’Elaphe climacophora est une couleuvre japonaise de couleur vert bleuté, qui propose des reflets variés à la lumière. C’est encore un gabarit raisonnable, avec un bon mètre 50 voir 1m80 assez fréquent. Un grand terrarium est tout de même préférable pour en profiter au maximum.

Cette couleuvre est relativement peu facile à trouver, alors qu’elle est plutôt facile à élever. Peut-être est-ce la couleur pas assez vive qui n’intéresse pas beaucoup de monde ? Sachez qu’une mutation albinos existe, qui lui donne des teintes de blanc et de jaune. Cette mutation est d’ailleurs présente à l’état naturel et protégée, car vénérée par les habitants de la cité d’Iwakuni.

En fait, le principe pour choisir un serpent est simple : regarder les espèces disponibles (sur les sites de vente en ligne par exemple), se renseigner à fond sur l’espèce qu’on a repéré, mesurer si l’on est capable de répondre à ses exigences (taille de terrarium, températures, etc), préparer le matériel puis passer à l’achat. Et non pas acheter d’abord et se renseigner ensuite, comme malheureusement beaucoup de débutant font… Le coup de cœur c’est bien, mais cela ne doit pas se faire au détriment du bon maintien de l’animal.

Guttatophiles se lance dans un grand projet ! Je suis en contact avec un laboratoire afin de mettre en place un test ADN pour Pantherophis guttatus. Le but serait de savoir si un spécimen est issu d’hybridation ou non.

Pour réaliser ce test, il suffirait d’envoyer une mue. À partir de celle-ci, le laboratoire identifierait des marqueurs ADN propres à l’espèce, et les compareraient à ceux de spécimens « de référence », des spécimens sauvages. Ainsi, nous pourrions savoir si le Gutt testé correspond à ce génome de référence, et si non, c’est qu’il est issu d’hybridation.

Dans l’idéal, en cas de résultat incomplet et donc d’hybridation, il faudrait pouvoir comparer le génome avec celui d’autres espèces pour savoir avec laquelle l’hybridation a eu lieu. C’est également en projet, mais obtenir les mues de spécimens sauvages d’espèces autres que Pantherophis guttatus est un peu plus complexes étant donné qu’elles sont moins courantes.

Quel intérêt de mettre en place ce test ?

Le but serait pour les éleveurs de certifier la « pureté » de leurs spécimens. Ils pourraient ainsi assurer aux acheteurs que leurs reproductions sont celles de Pantherophis guttatus pure souche.

De plus, l’objectif serait que, par recoupement d’informations, on puisse déterminer si une mutation est issue d’hybridation ou non. Pour cela, les personnes ayant fait tester leurs animaux seraient invités à communiquer les résultats, via un groupe Facebook dédié par exemple.

Pourquoi faire ça sur des Gutt, une espèce très courante et déjà « pourrie » génétiquement ?

Ce n’est pas parce que c’est une espèce souvent conseillée aux débutants et hyper commune en terrariophilie qu’il faut faire n’importe quoi avec. Des spécimens sont toujours prélevés et importés, avec pour excuse que c’est pour compenser l’hybridation et la consanguinité massives dans cette espèce en captivité.

L’éthique d’élevage chez les terrarios éviterait que l’on ait encore à prélever des spécimens pour une espèce aussi commune. C’est un autre travail de fond de sensibilisation. La mise en place de ces tests permettrait aux éleveurs attachés à cette éthique de se distinguer en proposant des spécimens non issus d’hybridation, de manière certifiée et sans passer par du prélèvement. Des puristes existent également chez les Gutts 😉 Ils pourraient ainsi choisir leurs spécimens et leurs mutations en fonction de ce critère. Cela permettrait également de faire un point sur la situation des Gutts en captivité, voir si l’hybridation est si présente que cela.

De plus, cela permettrait officiellement d’indiquer si telle ou telle mutation est issue d’hybridation. Beaucoup de mutations sont suspectées, sans preuves pour ou contre.

Enfin, les Gutts étant courants, les personnes intéressées peuvent être nombreuses. Si un « marché » se créé dans ce sens, cela peut inciter des professionnels à mettre en place davantage de tests, pour d’autres espèces également. Mais aussi sensibiliser largement sur l’hybridation et le suivi des souches. Si ce test est réussi, cela peut être une porte pour d’autres espèces.

 

Vous êtes intéressé(e) par ce test ? Dites-le en remplissant ce sondage ! Il nous permettra de faire pression sur le laboratoire pour le réaliser, et me motivera d’autant plus à mener ce projet à bien.

N’hésitez pas à partager cet article sur les groupes Facebook afin d’informer le plus de personnes intéressées possible.

Je pense que la plupart des terrariophiles (du moins ceux qui se sont posés la question) sont d’accord pour dire que notre passion est égoïste, tout comme peut l’être l’aquariophilie ou la détention d’autres animaux dans des milieux confinés : nous enfermons des animaux hors de leur milieu naturel pour notre plaisir de les observer. C’est d’ailleurs un argument souvent avancé par les opposants à la terrario.

À cela ceux qui y ont pensé disent souvent : justement je vais essayer d’apporter à cet animal qui n’a rien demandé un milieu de vie le plus proche de son environnement naturel et le plus agréable pour le temps qu’il a à y passer.

D’ailleurs la définition de la terrariophilie de Wikipédia est la suivante :

« La terrariophilie consiste à maintenir, voire à faire se reproduire, certaines espèces animales et/ou végétales en imitant leur biotope dans un espace appelé terrarium ou vivarium de taille adéquate en fonction de l’espèce. Elle présente en ce sens de grandes similitudes avec l’aquariophilie. »

« en imitant leur biotope » est pour moi la notion la plus importante dans cette définition. Or leur biotope ce n’est pas seulement une température ou un nourrissage. C’est le substrat, les plantes. Donc pourquoi autant de racks, de décorations en plastique, de terrariums trop petits ?

De même la terrariophilie est souvent une passion de l’animal. Pourquoi certains terrariophiles s’obstinent-ils donc à donner du vivant quand ce n’est pas nécessaire ? Ou à tuer les souris avec une méthode barbare de type « éclatage de crâne contre la table » ? La souris étant nourriture, elle n’a pas le droit à une mort décente et sans souffrance ?

Ceci est donc une réflexion personnelle sur la terrariophilie actuelle, ce qu’il serait idéal qu’elle devienne et comment tous s’impliquer pour la changer.

Je vous renvoie notamment vers le très bon article de la société herpétologique de France : http://lashf.org/wp-content/uploads/2016/10/terrariophilie-ethique-SHF.pdf

Les dérives actuelles de la terrariophilie

Malgré une « passion de l’animal », on constate bien souvent des comportements qui ne mettent pas l’animal au centre de l’attention. Chacun semble faire ce qu’il veut, sans considération pour son impact sur la vie de l’animal ou sur celle d’animaux sauvages, ou sans même simplement se renseigner correctement. Ceci se traduit par :

  • L’achat de WC pour des espèces courantes
  • Le pillage de certaines espèces menacées pour la terrariophilie
  • La consanguinité à foison
  • L’hybridation
  • La reproduction à outrance pour l’argent
  • Les racks et terrariums trop petits
  • Le sur-nourrissage
  • La mise à mort barbare des souris
  • La manipulation à outrance
  • Les achats spontanés de personnes non renseignées
  • La relâche dans la nature de spécimens, nuisant à la biodiversité française
  • La maltraitance
  • Les informations divergentes qui perdent les neophytes et conduisent à des maintiens dangereux pour l’animal
  • Un effet de mode, de « celui qui a la plus grosse »

L’achat de WC pour des espèces courantes

Les Pythons regius sont encore largement prélevés et vendus, souvent pour moins cher que des spécimens NC. Leur quota d’export pour le seul Togo est de 64000 spécimens par an ! La France est d’ailleurs le premier importateur européen. Pourtant, est-ce une espèce rare ? Loin de là ! Pourquoi donc continuer à prélever et surtout à acheter du WC ?

Il peut y avoir plusieurs réponses, dont les principales sont : essayer de trouver un nouveau gène inconnu, et compenser la consanguinité à foison présente dans les souches en captivité… Pourtant ce pillage diminue la présence de l’espèce dans la nature, et sur tous les spécimens prélevés et importés, combien survivent ? Car un spécimen prélevé est souvent plus délicat à garder, plus stressé, parasité, et un débutant l’achetant pour le prix ne tiendra sûrement pas l’animal… D’ailleurs les fameux acariens sont exotiques et infestent souvent les regius prélevés, et non pas les branches ou écorces que l’on peut récolter en France.

Idem pour les Gutt, pourquoi acheter du WC ? Si les lignées étaient correctement suivies, si les éleveurs professionnels ou amateurs évitaient la consanguinité et l’hybridation, les prélèvements ralentiraient peut-être. Arrêtons d’acheter du WC pour des espèces ultra-communes, cela évitera des décès inutiles de ces animaux.

Reste la fameuse question de l’argent… Essayer de trouver une mutation encore inconnue pour la vendre cher… La terrariophilie devrait à mon sens rester une passion, pas un business.

Pillage de certaines espèces menacées pour la terrariophilie

Quand la terrariophilie impacte directement les populations sauvages… C’est le cas avec le Lygodactylus williamsi, déjà en danger dans la nature, qui est passé en danger critique d’extinction à cause des prélèvements pour satisfaire la demande des passionnés. Plutôt que d’attendre une croissance de l’offre NC, les gens en ont voulu à tout prix ce qui a augmenté ses prélèvements alors que l’espèce était déjà en danger du fait de la déforestation. L’espèce est désormais soumise au CDC, mais des spécimens circulent-ils sur le marché noir ou sont-ils à présent victimes de braconnage ?

Lygodactylus-williamsi

Photo d’un Lygodactylus williamsi

C’est également le cas du Smaug giganteus, qui de part son look de dragon est très recherché, et se vend de 1000 à 3000€ selon les pays. Sauf que cette espèce est menacée, sa reproduction en captivité est quasi inexistante, il lui faut un milieu de vie et une taille d’enclos spécifique et pourtant les terrariophiles en cherchent constamment, alimentant sans le vouloir un réseau de prélèvements illégal. La plupart des spécimens disponible sur le marché de la terrario sont souvent des spécimens prélevés illégalement et avec de faux papiers, les seules reproductions de cette espèce étant faites pour le moment en parc zoologique.

Plutôt que de se ruer à tout prix sur une espèce rare encore non reproduite en captivité, laissons les experts de ces espèces se charger de les reproduire en toute légalité, plutôt que de financer les prélèvements illégaux.

La consanguinité à foison

Toujours pour satisfaire cette soif de nouveauté, de sélection, de mutations, la consanguinité est lot commun dans de nombreux élevages.

Le père avec la fille, les frères et sœurs ensemble… Pourquoi accepter d’appliquer aux animaux ce que nous ne tolèront pas chez nous ? Cela ne montre-t-il pas que les droits des animaux sont encore loin d’être acquis, qu’ils se qualifient en valeur marchande ? Car le seul but de la consanguinité est d’accélérer des processus de sélection ou de création de mutations. Ce mauvais brassage génétique augmente beaucoup les risques d’apparition de tares génétiques de type wobble chez le regius et stargazer chez les Gutt. Et ces tares, détectées trop tard, sont déjà répandues dans les différentes lignées produites rapidement pour faire de l’argent… Ce qui cause le problème du spider chez le regius notamment, où de nombreux spécimens sont porteurs de la tare.

Il est souvent dit par les éleveurs que la consanguinité sur une ou deux générations n’a pas vraiment d’impact… Pourtant, cela participe à l’appauvrissement du brassage génétique de nos lignées en captivité. Si les Zoos ont un suivi important des animaux et des couples qui sont fait, c’est justement pour garder ce brassage génétique et pouvoir un jour utiliser les lignées captives pour réintroduire des espèces. Les espèces élevées dans le cadre de la terrariophilie ne pourront sûrement pas servir à ce but si elles sont trop impactées par la consanguinité et l’hybridation.

L’hybridation

Je distingue deux types d’hybridation : l’hybridation volontaire, et l’hybridation involontaire.

L’hybridation volontaire est faite par une personne qui sait qu’elle accouple deux espèces distinctes. Elle fait ça pour « voir ce que ça donne », et dans certains cas, espérer sortir un gène ou une couleur nouvelle. Ces hybrides sont parfois assumés, vendus en tant que tels, et parfois ils sont accouplés à nouveau à une des deux espèces pour atténuer les marqueurs d’hybrides, et ne garder que la mutation. Ainsi, ils peuvent vendre cette « nouvelle mutation » plus chère… Pourquoi vouloir jouer à dieu ? Le minimum lors de la naissance d’hybrides est au moins de les indiquer en tant que tels. Les Pantherophis sp Scaleless sont à présent vendus comme du P. guttatus pur, alors que cela reste de l’hybride avec P. emoryi ! Malgré que Richard Dijoux, le « créateur » de la mutation, ne l’ai clairement indiqué à la base et qu’il continue d’indiquer Pantherophis sp !

L’hybridation involontaire est faite par une personne mal renseignée qui ignore qu’elle avait deux espèces différentes. C’est un risque certain avec ce fameux terme « Elaphe » qui continue à être utilisé ! On voit ainsi des Pantherophis guttatus et Pantherophis obsoletus, voir P. guttatus et E. climacophora dans le même terrarium, parce que pour le débutant qui ne distingue pas encore les espèces, cela leur a été vendu comme des « Elaphes » ! Ainsi, des hybrides voient le jour, et peuvent être vendus comme « Elaphe » à d’autres débutants, perdant ainsi les lignes « pures »…

Les racks et terrariums trop petits

Je prends beaucoup pour exemple les Gutt, mais c’est l’espèce que je connais le mieux et que j’ai chez moi donc… Combien de fois voit-on passer des terrariums de moins d’un mètre abritant un voire plusieurs spécimens de plus d’1m20 ? Quand ce n’est pas des 45x45x45 pour un spécimen adulte sur leboncoin… Si je conçois l’utilisation des racks pour les professionnels de l’élevage, pourquoi les particuliers se mettent-ils autant à en avoir, si ce n’est pour accumuler le plus de spécimens dans un minimum d’espace dans un but de reproduction ? Lorsque l’on ne voit plus les animaux que l’on maintiens, est-ce encore de la passion ? Ici même l’argument des anti-terrarios comme quoi on les enferme pour les observer ne tient plus…

Et si l’argument pour les regius est souvent qu’ils mangent mieux en rack, il me semble que c’est le maintien qui est encore à revoir. Les Pythons regius dans la nature vivent dans des terriers, ce que les racks pourraient tendre à reproduire. Mais un terrarium avec assez de cachettes et reproduisant ces terriers a le même résultat, en plus d’être plus esthétique et de permettre à l’animal de bouger un peu plus.

Les suisses ont notamment carrément une loi indiquant une taille minimale de terrarium pour chaque espèce ! Tout comme il y est indiqué qu’il faut essayer de reproduire au mieux l’environnement naturel de l’animal.

La mise à mort barbare des souris

Parce que les souris sont nourriture, elles n’ont pas le droit à une mort digne ? Combien de personnes donnent du vivant juste parce que leur serpent a refusé un seul repas ? Ou par plaisir de voir la souris se faire étouffer ? 90% des serpents en captivité ne font pas la différence entre une souris morte et vivante ! Le vivant ne devrait rester qu’un cas vraiment extrême et rare, pour le démarrage d’espèces vraiment compliquées par exemple.

De plus, des personnes faisant un élevage ou tuant elles-mêmes les souris utilisent des méthodes que l’on peut qualifier de barbare. Taper la souris contre une table ? Pensez-vous que c’est sans stress et indolore ? Le congélateur les « endormirait », mais qu’en est-il de la sensation de froid ? Est-ce vraiment indolore ? Le CO2 provoquerait une sensation d’étouffement, il faudrait apparemment commencer par étourdir à l’oxygène.

Devant les multiples manières possibles, il faudrait étudier quelle méthode est vraiment indolore pour apporter une mort rapide et sans souffrance à la souris, et ne diffuser que celle-ci. Ce n’est pas parce que la souris finira dans tous les cas dans le ventre du serpent qu’elle n’a pas le droit à une mort sans douleur.

La manipulation à outrance

Un reptile n’apprécie pas la manipulation, il la tolère ! C’est une source de stress chez eux, regardez la respiration d’un serpent lorsque vous le prenez en main sans qu’il l’ait décidé. Combien de personnes cherchent des reptiles faciles à manipuler ?

Beaucoup de gens font de l’anthropomorphisme : ils appliquent aux animaux des sentiments humains. « Je veux un copain pour mon serpent parce qu’il s’ennuie », « Mon lézard est triste quand je pars ». Les reptiles ont surtout les émotions liées à l’instinct de survie : peur, stress, pour pouvoir réagir en cas de danger.

Si vous voulez faire de l’anthropomorphisme, inversez-le. Que ressentiriez-vous si quelque chose de cent fois plus grand que vous viendrai vous retirer de votre lit ou vous interrompre dans votre activité, vous enlèverai à la chaleur, juste pour vous regarder et vous replacer après, comme un bibelot que l’on observe ? Peut-être du stress non ?

La manipulation devrait rester ponctuelle, pour des besoins spécifiques comme déplacer l’animal le temps d’un nettoyage, pouvoir l’observer en cas de maladie ou blessure. Mais beaucoup manipulent leur reptile par plaisir, pendant trop longtemps et plusieurs fois par semaine…

Les achats spontanés de personnes non renseignées

Combien de fois avons-nous vu sur des groupes Facebook ce genre de post : je viens d’acheter ce serpent/lézard, pourriez-vous me dire comment m’en occuper ? Se renseigner AVANT l’achat d’un animal est obligatoire ! Il ne suffit pas d’écouter les conseils d’un animalier qui, s’il n’est pas spécialisé ne vous donnera que des conseils de base, et parfois faux. Des gens revenant d’animalerie se retrouvent parfois avec des terrariums ou des systèmes de chauffage pas adaptés. C’est pourquoi se renseigner et croiser les sources est indispensable.

La relâche dans la nature de spécimens, nuisant à la biodiversité française

Le tout petit lézard que vous aviez acheté bébé fait maintenant 80cm et vous n’avez pas la place ? Vous déménagez et n’avez pas la place d’emmener votre compagnon à écailles ? Au bout de 6 mois vous avez fait le tour de votre quotidien avec votre reptile et vous en avez marre ?

Sauf que vous ne trouvez personne pour acheter votre Gutt classique ou votre pogona. Dans ce cas pourquoi ne pas le mettre dans la nature, où il aura de la place et pourra peut-être survivre ?

Parce que :

  • Votre animal risque de ne pas survivre, du fait de températures trop froides pour certains
  • Cela risque d’impacter la biodiversité française s’il arrive à s’adapter, en prédatant les proies de nos espèces autochtones, qui sont déjà assez en danger sans avoir besoin de concurrence supplémentaire.

Ça a été le cas de la fameuse Tortue de Floride, importée en masse il y a quelques années, relâchée dans les étangs, les rivières, et mangeant les proies de notre propre tortue d’eau locale : la cistude d’Europe. Celle-ci est d’ailleurs protégée et devenue rare en France.

cistude d'europe

Les Gutt pourraient très bien à terme devenir une concurrence sévère pour nos serpents français. Ils pourraient très bien survivre à l’hiver dans le sud de la France. L’Orthiophis taenirius est déjà reconnue espèce invasive en Belgique, où elle est parvenue à se reproduire dans la nature.

Les informations divergentes qui perdent les neophytes et conduisent à des maintiens dangereux pour l’animal

« Je maintiens un couple ensemble à l’année », « Je garde mes Gutt sans problème à température ambiante », « J’ai un Python et un Boa dans le même terrarium sans problème »… On voit malheureusement assez souvent ces phrases sur des groupes, pour conseiller des débutants. Or ça peut causer de nombreux problèmes ! Car ce qui marche pour une personne ne fonctionnera pas pour les autres, les conditions peuvent être très particulières, etc. Et du coup le débutant est perdu quand des débats s’amoncellent sur son post.

Rien que le fait de conseiller à un débutant de maintenir plusieurs spécimens dans le même terrarium peut amener des problèmes comme une rétention d’œufs, une reproduction non prévue car mauvais sexage, difficulté de détecter quel animal a régurgité… Voir ophiophagie quand les deux spécimens étaient en fait un lampro et un gutt… Deux « Elaphe » !

La terrariophilie idéale ?

Qu’est-ce qui ressort de tout ça ? Que les informations sont dispersées, chacun fait un peu ce qu’il veut dans son coin, la consanguinité et l’hybridation deviennent monnaie courante, et on retrouve de plus en plus de reptiles dans des conditions déplorables sur leboncoin…

Bien sûr les professionnels sont aussi à blâmer, car ce sont eux qui ont le plus d’impact surtout auprès des débutants. Comment faire passer le message que ce n’est plus « Elaphe guttata » quand certains pro continuent à l’afficher ? Comment faire accepter qu’un rat par semaine pour un Gutt adulte est du sur-nourrissage quand c’est ce qui leur a été conseillé ? Comment faire comprendre qu’un aquarium n’est pas idéal quand c’est ce que l’animalerie leur a conseillé ?

Il serait peut-être temps de lancer des projets communs, d’uniformiser la terrariophilie en donnant des informations de référence et agissant ensemble. Avec une terrariophilie unifiée, les animaleries auraient également des informations de référence à diffuser à leurs clients. Il serait temps de remettre le bien-être de l’animal au centre de notre passion avant l’argent, et de prendre conscience de l’impact de notre passion sur la faune sauvage pour pouvoir la limiter.

Comment participer à une telle terrariophilie ?

  • Ne pas acheter un animal sur un coup de tête, et encore moins du WC
  • Privilégier l’achat de spécimens NC, même si ça peut être plus long
  • Essayer de vraiment reproduire le milieu naturel de son animal
  • Essayer de limiter l’impact de notre passion à tous niveaux
  • Apporter une taille de terrarium adaptée
  • Toujours se renseigner avant l’achat d’un animal
  • Communiquer sur notre passion, pour non pas convaincre des gens de s’y mettre, mais s’assurer que ceux qui veulent un reptile le fassent correctement et pour les bonnes raisons
  • Limiter le sur-nourrissage, communiquer sur des délais de nourrissage plus proches des habitudes naturelles
  • Éviter la consanguinité
  • Rassembler les bonnes informations sur une plateforme unique
  • Ne pas faire d’hybridation volontaire, et toujours bien indiquer lors d’une vente qu’un spécimen est hybride
  • Ne pas agresser les novices pour leurs questions bêtes mais bien les renseigner
  • Ne pas commenter sur Facebook quand on ne sait pas…
  • Accepter d’avoir tort et de faire évoluer ses pratiques

Les groupes Facebook deviennent les principaux lieux d’échange et de renseignement, assurons-nous qu’ils restent cordiaux, et que les bonnes informations y sont diffusées.

Pour unifier la communauté terrariophile, une fédération française de la terrariophilie est en projet. Son objectif est non pas d’imposer ses règles à tout le monde, mais simplement de regrouper les informations, soutenir les initiatives individuelles et d’associations, et pouvoir peser auprès des institutions officielles. L’aquariophilie a une fédération, pourquoi pas nous ?

Le projet a des difficultés à avancer à cause d’un manque de participation et d’investissement. Si vous souhaitez participer à ce projet, avoir une terrariophilie plus éthique et plus unifiée, rejoignez la page et n’hésitez pas à proposer vos idées 🙂

Et agissez au quotidien dans le cadre de votre passion pour limiter son impact sur l’environnement.

Un dernier lien, la charte pour une terrariophilie respectueuse de la biodiversité et du bien-être animal proposée par la Société Herpétologique de France, qui devrait à mon sens être plus largement diffusée et adhérée.

N’hésitez pas à partager cet article pour diffuser cette vision de la terrariophilie si elle vous correspond, et discutez en commentaires d’actions à mettre en place 🙂

Question bête ? Pourtant on peut se poser la question lorsque l’on voit les réactions de certaines personnes sur les réseaux sociaux. Les terrariophiles savent déjà de quoi je parle.

Les propriétaires de reptiles ont parfois leur animal de compagnie à écailles sur leurs photos de profil. Et cela génère des réactions incongrues sur des groupes animaliers non liés aux reptiles.

Un chaton est à donner et un terrariophile se propose car il cherche un nouveau compagnon ? Attention c’est pour nourrir le serpent !
Un rat cherche un nouveau propriétaire ? Un oiseau malade est à confier ? Attention, éleveurs de serpents proscrits !

Et ne parlons même pas des annonces leboncoin où lorsque l’on cherche « serpent », il y a à présent presque plus d’annonces pour les hamsters, rats et chatons que d’ophidiens, à cause des gens qui se sentent obligés de préciser « propriétaires de serpent s’abstenir ».
Faisons donc un point sur ces idées.

Tous les propriétaires de serpents cherchent d’autres animaux de compagnie (chatons, hamster, rats) pour nourrir leurs animaux

Non !
Les serpents en captivité sont principalement nourris avec des souris ou rats déjà morts, le plus souvent congelés, pour leur éviter le stress et la douleur de la mise à mort pas vraiment instantanée des serpents constricteurs. Les rongeurs de type rat et souris sont les plus susceptibles d’être recherchés comme nourriture dans des annonces, mais des terrariophiles ont aussi des rats de compagnie ! Avoir des serpents et des rats de compagnie n’est pas incompatible…

Tous les propriétaires de serpents n’ont que ces animaux chez eux, ils n’aiment que ces bêtes à sang froid

Non !

Les propriétaires de serpents et même de reptiles sont le plus souvent des amoureux de tous les animaux. Ils ne limitent simplement pas leur amour des animaux aux mammifères et s’intéressent aux modes de vies des reptiles. La plupart des terrariophiles ont d’ailleurs d’autres animaux chez eux : chiens, chats, oiseaux, poissons, rats… Qui ne servent pas de nourriture !

Les propriétaires de serpent sont tous des sadiques qui aiment voir leurs serpents tuer des animaux vivants

Non !

Énormément de propriétaires de serpents nourrissent avec des proies mortes, le plus souvent congelées. Les terrariophiles sont souvent des gens amoureux des animaux et qui limitent les souffrances animales, pourquoi donc donner une mort lente et douloureuse à la souris ? Le nourrissage au vivant est souvent déconseillé par la communauté terrariophile, et n’est faite qu’en tout dernier recours dans le cas d’un animal ne se nourrissant plus depuis des mois ou pour certaines espèces délicates.

Est-ce qu’une minorité de propriétaires de serpents donnent des chatons à leurs gros serpents ? C’est possible. Car l’humanité est diversifiée, et que la bêtise existe partout. Elle existe également chez les propriétaires de chats, vous savez ceux qui ne stérilisent pas leur animal et noient ou mettent au congélateur les nouveau-nés à la naissance ?

Et les propriétaires de chiens qui les frappent, leurs tirent dessus à la chasse ou les estropient ? Faites du bénévolat à la SPA pour vous rendre compte des infamies infligées à ces animaux par des non propriétaires de serpents.

Loin de moi l’idée de dédramatiser la pratique de donner un chat à un serpent, mais simplement de faire relativiser et faire comprendre que ce n’est pas un comportement lié à la terrariophilie, mais à la seule bêtise de certains. Et que cette maltraitance des chats n’est pas une spécificité des terrariophiles

Condamner tous les terrariophiles pour les bêtises, toujours sanctionnées par la communauté, de quelques personnes stupides est-il vraiment raisonnable ?

Cela amène à ce que l’on voit sur leboncoin, ou sur Facebook, où les propriétaires de serpents se voient refuser le droit d’avoir des animaux de compagnie à cause d’idées préconçues et de préjugés. Comme dans tous les domaines, il faut apprendre à ne pas juger au premier regard et à se renseigner.

Donner ou vendre un animal n’est pas un acte à prendre à la légère. Tout comme les vendeurs de reptiles se renseignent sur le futur acheteur, pour s’assurer qu’il a les connaissances et le matériel adéquat, les vendeurs de chats, rats et autres doivent faire de même. Posez-vous les bonnes questions : la personne a-t-elle déjà d’autres animaux chez elle ? A-t-elle bien déjà acheté la litière, panier, nourriture et autres équipements ?

Discutez avec les terrariophiles, vous vous rendrez compte qu’en grande majorité, ce sont simplement des amoureux de la nature et des animaux.

Et en tant que tel, ils respectent les modes de vie de leurs animaux. Les serpents ne sont pas végétariens, certaines espèces sont insectivores ou piscivores mais elles sont rares. Nous sommes donc obligés de nourrir avec des souris d’élevage, en majorité déjà mortes pour leur éviter une souffrance inutile. Tout comme les chats mangent des souris, oiseaux, lézards et taupes lorsqu’ils ont la possibilité d’aller dehors, impactant d’ailleurs la biodiversité française.

Saviez-vous d’ailleurs qu’une étude était en cours par le Museum d’Histoire Naturelle pour mesurer l’impact des chats de France sur la biodiversité ? N’hésitez pas à y participer.

Un dernier message pour les terrariophiles : les personnes visées par de tels préjugés sont de plus en plus nombreuses, et l’envie est grande pour les terrariophiles de répondre vertement aux commentaires désagréables. Mais ne participez pas à cette image des terrariophiles sadique. Si pour vous répondre « Votre chaton est disponible ? C’est pour nourrir mon boa » est de l’humour, pour les personnes en face ce n’en est pas, d’autant plus sur internet et les réseaux sociaux où le premier degré règne en maître… Essayez de répondre et débattre avec la personne, sans être agressive. Soyons meilleurs que nos détracteurs 🙂

En espérant vous avoir fait réfléchir sur l’image des terrariophiles. N’hésitez pas à explorer le site d’ailleurs pour voir toutes les informations que les propriétaires de serpents prennent en compte pour le bonheur de leurs protégés. N’hésitez pas également à échanger vos points de vue intelligemment dans les commentaires 🙂