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Lorsque l’on souhaite acquérir son premier serpent des blés, pour soi ou son enfant, on se tourne naturellement vers les magasins spécialisés : les animaleries. En effet, de plus en plus d’entre elles incluent la vente de reptiles dans leurs rayons, ainsi que le matériel nécessaire. Depuis une dizaine d’années, la demande de NAC (nouveaux animaux de compagnie), et notamment de reptiles, va croissante. Il est donc normal que ces établissements agrandissent leur catalogue et proposent ces animaux à leurs clients. 

Cela fait également 6 ans que Guttatophiles est là pour répondre aux questions des propriétaires de serpent des blés, qu’ils soient débutants ou confirmés. Depuis 3 ans je suis également modératrice sur un groupe Facebook spécialisé sur le Pantherophis guttatus. Cela fait donc des milliers de messages, posts et mp que j’ai pu voir passer sur les Gutt. Et une chose revient souvent : les achats de serpent des blés en animalerie posent régulièrement des problèmes.

Pourquoi ? Quels sont ces problèmes ? Quels en sont les responsables ? Cet article a pour but de faire un récapitulatif de différents constats basés sur mon expérience, et sur celle d’un ami qui est vendeur reptile en animalerie depuis plus de 10 ans. Mais le but est aussi de se poser des interrogations sur l’univers de l’animalerie en France, sur différentes responsabilités, tant niveau vendeurs que clients. 

Attention ! Cet article concerne surtout les animaleries généralistes (non spécialisées en reptiles) et autres animaleries/jardineries, pas les animaleries spécialisées. Bien qu’elles ne soient pas toujours exemptes de certains soucis qui seront détaillés par la suite. De même, je ne mets pas toutes les animaleries dans le même panier, il y en a bien sûr des très bien. Mais fait est que les problèmes décrits ne sont pas absents de bon nombre d’établissements du secteur.

Aucun magasin ou enseigne spécifique ne sera nommé dans cet article. 

Sommaire

Les problèmes rencontrés lors d’achats de serpent des blés en animalerie 

Les problématiques liées à l’achat de Pantherophis guttatus en animalerie sont généralement toujours les mêmes.

Manque d’informations sur l’animal acheté

À part pour les animaleries qui feraient des reproductions en interne (c’est le cas de certaines spécialisées) ou dont des employés passionnés par les Gutt feraient un élevage qui fournirait le magasin, la majorité des Gutt qui se retrouvent en rayon sont issus de fournisseurs, aussi appelés grossistes. Cela peut être des élevages de grande envergure, ou des importateurs/revendeurs. Les animaleries ont alors un catalogue à leur disposition, dans lequel ils effectuent leur commande en fonction des disponibilités de ces fournisseurs. 

Chaque animalerie peut avoir des fournisseurs différents, avec chacun leur propre organisation. Les plus gros fournisseurs français, que sont Reptilis (premier élevage européen de colubridés) et la Ferme Tropicale, fournissent une fiche dédiée pour chaque spécimen avec mutation et sexe. L’année de naissance est généralement indiquée, mais pas l’âge exact.

Si votre animalerie locale se fournit auprès d’un autre fournisseur, il est possible que celui-ci ne donne pas les informations de sexe et de mutation. Il est plus que fréquent de voir affichée une mutation qui ne correspond à aucun spécimen exposé. Les sexes ne sont également souvent pas vérifiés. Et dans tous les cas, la date de naissance exacte de l’animal n’est pas indiquée.

Encore une fois, tout dépend des vendeurs de votre animalerie. Si vous avez la chance d’avoir un vrai passionné de Gutt pointu sur les mutations, ou que le fournisseur est consciencieux, peut-être que la mutation indiquée correspondra bien à celle de votre animal. Mais les vrais passionnés qui travaillent en animalerie sont rares, à cause de nombreux paramètres sur lesquels nous reviendront plus tard.

Depuis l’arrêté du 18 octobre 2018, le cédant d’un animal non domestique est dans l’obligation de remettre un document récapitulant les informations sur l’espèce acquise ainsi que les règles du bon maintien en captivité de l’animal. Cette obligation a pour but d’assurer un minimum de connaissances à l’aquéreur pour s’occuper convenablement du serpent acquis. Même détaillées, ces fiches sont souvent insuffisantes pour permettre à un débutant de s’initier à la terrariophilie s’il ne s’est pas renseigné en amont. Comment résumer en une page tout la biologie et les besoins d’une espèce ? La preuve en est, ce site est contitué de plusieurs dizaines de pages pour la seule espèce du Pantherophis guttatus.

De plus, dans les faits, ce document est souvent omis, oublié, lors de la vente d’un animal. Au mieux, il est affiché dans le magasin ou disponible sur le site internet.

Ainsi, ne comptez pas tout savoir de votre animal et de comment vous en occuper uniquement avec les informations du magasin. Adopter un animal est une responsabilité, et les reptiles nécessitent des conditions de vie bien spécifiques qui doivent être étudiées largement avant l’achat. Une simple feuille résumée ne suffit pas à vous apporter les connaissances nécessaires, même en écrivant ridiculement petit et serré dessus.

Mauvais conseils de maintien 

Revenons à la difficulté de trouver un bon vendeur reptile en animalerie. En général, les vendeurs ont chacun leurs affinités (oiseaux, poissons, mammifères…), tous n’ont pas les mêmes connaissances et il est difficile de connaître parfaitement chaque espèce. Si vous tombez sur le vendeur non spécialisé en reptiles, vous risquez d’avoir des informations partielles, voire mauvaises. Et même au sein des passionnés de reptiles, il y a des affinités. Il y a souvent les passionnés plutôt orienté serpents, ceux qui préfèrent les lézards, les amateurs d’amphibiens ou les spécialistes en tortues. Il y a bien sûr des « touche à tout », mais il reste toutefois difficile d’être spécialisé dans tous les reptiles.

Quelles mauvaises informations pourraient être données ? Le cas le plus courant est la cohabitation, conseillée sans problème et sans avertissement. C’est ainsi que chaque année, c’est plus d’une dizaine de messages et posts que je traite concernant une ponte non prévue, des blessures ou du cannibalisme, liés à une cohabitation. Le cas de la reproduction est le plus fréquent. Souvent ce sont « deux femelles » qui sont en fait un couple, ou des juvéniles dont le vendeur avait assuré que la reproduction n’aurait pas lieu avant 2 ans. Je vous renvoie à la page dédiée à la cohabitation sur le site pour connaître les risques liés et pourquoi je ne conseille pas cette pratique.

Le cas le plus problématique rencontré est celui d’une femelle qui a été achetée dans une animalerie. Celle-ci était exposé dans un terrarium avec un mâle. Bien entendu, au bout de quelques semaines chez le nouveau propriétaire, elle a commencé à pondre des œufs… Le propriétaire ne s’y attendait pas, n’avait donc rien préparé (boîte de ponte, nourrissage adapté), et la femelle a fait une rétention d’œufs. Cela s’est bien terminé car elle a fini par réussir à expulser tous les œufs, non sans une visite chez le vétérinaire et quelques injections d’hormones. Il y a plus simple pour commencer la terrariophilie…

J’ai également eu des cas de nourrissage conseillé inadapté, trop fréquent ou trop petit par exemple. Et ce conseil récurrent que l’hivernation est totalement inutile, en contradiction avec la biologie naturelle de l’espèce et les recommandations de certains vétérinaires spécialisés (voir l’article sur la conférence du Dr Pailluseau sur l’obésité en captivité).

Mauvais conseils de matériel 

Les recommandations d’un matériel inadapté au maintien d’un serpent des blés en captivité sont moins fréquentes mais existent tout de même. Les cas les plus problématiques sont ceux qui présentent un risque pour la vie de l’animal, comme de mettre une ampoule chauffante 150W non protégée à l’intérieur du terrarium. Une personne m’a contacté car lors de son achat, il lui avait été vendu une ampoule chauffante et UV de 100W + un tapis chauffant mais sans aucun thermostat. Ce genre d’installation, non régulée par un système extérieur, présente de forts risques de brûlures, et de température excessive surtout en période estivale. C’est pourtant ce qui avait été recommandé par un vendeur dans une animalerie généraliste.

Pouvons-nous tirer des conclusions de tout cela ? Les vendeurs en animalerie seraient-ils incompétents ? Mal compris par les clients ? Et si c’était un peu plus compliqué que ça ?

La faute à des vendeurs en reptiles incompétents ?

Reprenons le dernier exemple concret avec un matériel inadapté. Après investigations, il s’est avéré que je connaissais le capacitaire reptile du magasin en question. [Pour rappel : un capacitaire est une personne qui a passé un certificat de capacité, dossier administratif prouvant ses connaissances et capacités de maintien de certaines espèces animales. Une animalerie ne peut pas vendre de reptiles si elle n’a pas dans ses équipes une personne avec un certificat de capacité (CDC) pour les espèces de reptiles qu’elle souhaite vendre.]. J’ai ainsi appris qu’il n’était pas au magasin lors de cette vente, et qu’il était le seul vendeur spécialisé en reptiles du magasin. En son absence, ses collègues doivent bien vendre des reptiles tout de même. Malgré plusieurs formations en interne, un collègue peu impliqué avait pourtant pour habitude de donner des conseils bien peu adaptés. Même avec plusieurs discussions internes et remontées à la hiérarchie, rien n’y faisait.

Comment fonctionne donc une animalerie pour que la personne la plus compétente sur un groupe d’espèces ne soit pas écouté ?

Les dessous du métier de vendeur reptiles en animalerie 

Un seul capacitaire reptile par magasin

Sachez que le statut de capacitaire n’est pas synonyme de responsabilités managériales au sein d’une animalerie. En d’autres termes, le capacitaire n’a aucun pouvoir sur ses collègues. Si le terme de « capacitaire » fait rêver de nombreux terrariophiles et impose le respect, dans les faits, c’est une simple formalité pour les élèves des filières animalières. Le Bac pro TCVA (Technicien conseil vente en animalerie) donne automatiquement un certificat de capacité pour les espèces domestiques et certaines espèces non domestiques.

Seul le responsable de rayon a une quelconque responsabilité et une écoute relative auprès de la direction. Les autres vendeurs sont tous au même niveau, et ont généralement chacun leur spécialité animalière.

Ainsi, si vous passez au magasin en l’absence du vendeur spécialisé en reptile, rien ne vous assure de la qualité des informations qui vous seront prodiguées. Bien entendu, il n’est indiqué nulle part sur les uniformes la spécialité de chaque personne. À moins de demander, vous ne saurez donc pas si vous avez affaire à quelqu’un qui a passé un certificat de capacité spécialisé en reptiles ou non. Et même si la personne est spécialisée en reptiles, demandez ses affinités au sein de la famille des reptiles. J’ai connu un capacitaire reptile dont la passion première était les tortues. Cela ne remet pas en cause l’intégralité des conseils donnés bien sûr, vous avez au moins l’avantage de parler à quelqu’un de familiarisé avec les contraintes biologiques des reptiles et qui connait le matériel lié. Mais certains conseils précis sur une espèce seront peut-être à vérifier. Le nourrissage notamment demande de l’expérience et du recul pour être conseillé, car les recommandations générales décrites dans les ouvrages ne s’adaptent pas à chaque cas. Or pour des espèces que le capacitaire n’a jamais maintenues, les connaissances sont souvent théoriques et issues de la littérature. 

Un manque de temps et de moyens 

Pourquoi, même dans des animaleries où il y a un capacitaire en reptiles, on trouve des aberrances de maintien ? Des spécimens de serpents avec des mauvaises mues par exemple, des serpents maintenus à plusieurs malgré les risques, des proies non mangées qui se décomposent sur le substrat… (anecdote que j’ai moi-même constaté, d’un rosé qui devait trainer sur le substrat depuis plus d’une journée vu la couleur et l’état…).

Tout simplement parce que le travail de vendeur en animalerie ne se résume pas à s’occuper des animaux. Dans une journée, les vendeurs doivent remplir plusieurs tâches :

  • Nettoyer les installations,
  • Nourrir les animaux,
  • Achalander les rayons en produits,
  • Faire la réception des produits au niveau de la logistique,
  • Passer les commandes de matériel/animaux,
  • Nettoyer les rayons,
  • Conseiller et servir les clients,
  • Répondre aux appels de la caisse qui a des problèmes de prix sur les produits du rayon (doux souvenirs de promotions sur les poissons qui ne passaient jamais comme il faut en caisse…).

Selon le nombre de clients dans la journée, le temps dédié aux autres tâches réduit en conséquence.

D’autant que selon la surface du magasin, et surtout la politique managériale, le nombre d’employés en rayon varie en fonction des jours ou des heures. Dans la jardinerie où je travaillais, seule la moitié de l’équipe travaillait le dimanche (ce qui est normal, il y a des obligations légales). Sauf que le dimanche n’est pas forcément le jour le plus calme. Forcément, les animaleries/jardineries font partie des rares magasins ouverts le dimanche, où l’on peut donc « sortir les enfants » et les emmener « voir des animaux ». Le service minimum du rayon animalerie est donc vite occupé.

Le lundi, on rattrape donc ce qui n’a peut-être pas pu être fait le dimanche. Et selon le monde en magasin, on court contre la montre pour faire tout ce que l’on a à faire.

D’autant que le conseil en animalerie ne prend pas 2 secondes. Il s’agit de vivant, il faut savoir si la personne a déjà des connaissances. Si ce n’est pas le cas, réussir à lui résumer toute la biologie et le mode de vie d’un être vivant complexe en quelques minutes pour ne pas faire attendre les autres clients qui s’accumulent déjà, conseiller le bon matériel, rediriger la personne vers une autre espèce si des éléments coincent, prendre le temps de choisir le spécimen précis qui plait à la personne (ô joie de soulever toutes les cachettes pour trouver LA souris que la personne a repéré et qui s’est cachée depuis, ou réussir à attraper LE poisson rouge avec une tâche blanche qui a tapé dans l’œil du petit dernier…). Contrairement aux autres rayons de la jardinerie, tout animal qui sort du magasin est passé entre les mains d’un vendeur. Il a été soigneusement mis en boîte et apporté à l’hôtesse de caisse par le vendeur (sauf les poissons en général), qui fait donc des allers-retour supplémentaires à ajouter dans son emploi du temps.

Comprenez donc que, selon les périodes et les enseignes, le vendeur d’animalerie à un emploi du temps très chargé. Il dépend notamment des moyens donnés par sa direction, c’est-à-dire entre autres du nombre de personnes employées dans le rayon. Sachant que bien souvent la direction met très peu les pieds en rayon, et ignore le quotidien de ces salariés. Le directeur d’animalerie/jardinierie de grande enseigne est un gestionnaire, gestionnaire de chiffres notamment, jamais un passionné qui a monté sa petite structure après avoir travaillé en rayon.

La situation peut être pire durant la période estivale, souvent saison morte des animaleries/jardineries, où les employés sont forcés à prendre leurs congés payés. C’est une période où bien souvent le nombre de vendeur est amené au minimum pour permettre les congés de chacun. Et selon les collègues, il arrive que le vendeur reptile, s’il est seul à être affecté à ces animaux, ne soit pas du tout remplacé dans ses tâches pendant cette période. C’est-à-dire que durant ses congés, ses collègues vont vendre les reptiles si des clients leurs en demandent, mais c’est tout. Bien souvent, (encore une fois, cela dépend des magasins et collaborateurs), les reptiles ne sont ni nourris ni entretenus durant l’absence du collègue « attitré ».

L’interdiction de refuser une vente 

On peut parfois voir sur leboncoin ou des groupes Facebook, des personnes avec un matériel inadapté, ou des connaissances limitées voire quasiment absentes sur l’animal. Voici une règle de notre système capitaliste : l’interdiction de refuser une vente. Certains magasins autorisent tout de même leurs vendeurs à refuser une vente, mais c’est assez rare. Il faut être assuré que la personne va vraiment causer du tort à l’animal. Complexe à savoir, la personne peut toujours mentir.

Si la personne dit qu’elle a toutes les connaissances ou le matériel requis, comment le vendeur peut-il en douter ? Et même si la personne est conseillée par le vendeur mais que celle-ci n’achète finalement que du matériel inadapté, comment l’empêcher de passer en caisse avec l’animal ? De même, si une vente est refusée, bien souvent le gestionnaire ne verra qu’une vente de perdue, et donc de l’argent en moins sur le bilan financier.

J’ai plusieurs fois vu des collègues animaliers me dire qu’ils étaient persuadés que la personne à qui ils ont servi tel oiseau ou tel poisson n’avait pas le matériel adapté, mais quelle preuve avaient-ils ? Et quel recours ? S’ils refusent la vente, le client au mieux demandera à voir le responsable qui, espèrons-le, ira dans le sens du vendeur ; au pire laissera un avis négatif sur les réseaux sociaux et autres outils digitaux et le vendeur en récupérera la responsabilité.  

Faut-il ne pas aimer les animaux pour travailler en animalerie ? 

Bien sûr, tous les clients d’animalerie ne sont pas comme ça. Mais ils sont nombreux à se renseigner peu, faire de l’achat coup de cœur, prendre un animal parce qu’il est « classe », « mignon », « pas cher », en mettant de côté les responsabilités que cela demande de s’occuper d’une vie. Et les vendeurs passionnés, alors de désespérer de servir des animaux qu’ils sauront mort dans quelques heures, jours ou semaines.

Ils quittent alors leur poste, et sont remplacés par des personnes moins motivées, moins compétentes, mais moins impactées par le devenir de ces animaux marchandises. D’ailleurs, sachez que tous les vendeurs du rayon animalerie ne sont pas obligés d’avoir une formation dans ce secteur. Tous les animaux vendus doivent être « couverts » par un ou plusieurs capacitaires pour ces espèces. Une fois cette condition remplie, vous pouvez avoir des employés sans certificat de capacité dans le rayon. Moi-même on m’avait proposé de travailler en saisonnier dans le rayon animalerie sans aucune formation ou connaissance, ce que j’avais refusé (À la place j’ai vendu des plantes sans formation et des connaissances très limitées, mais chut 😉).

Que pouvons-nous résumer de cela ? Les vendeurs en animalerie ne sont pas tous formés au maintien de reptiles, les fournisseurs ne donnent pas toutes les informations, le temps dédié à l’entretien des installations et aux conseils clientèle donne des informations régulièrement incomplètes, les conditions de travail finissent par démotiver au mieux, au pire faire fuir les vendeurs compètents… Rappelons que le salaire moyen d’un salarié de ce genre de structure est le SMIC, même après plusieurs années.

Quelle est la part de l’acheteur ? 

Les clients sont donc livrés à eux-mêmes, condamnés à devoir faire avec des animaleries privées de leurs bons éléments ? Non, car comme nous l’avons dit, des irréductibles passionnés qui résistent encore et toujours aux pressions managériales et commerciales, il en reste. Il faut savoir les identifier, les soutenir, les bichonner. Mais aussi, ne pas tout faire reposer sur le vendeur. Car même eux se désolent parfois d’acheteurs peu impliqués, peu renseignés, qui n’écoutent pas les conseils et finissent par faire n’importe quoi…

Se renseigner avant l’achat d’un animal 

Si vous avez vraiment envie de faire au mieux pour votre animal, vous aurez compris à la lecture de ce descriptif du monde impitoyable des animaleries que les vendeurs peuvent être dépassés. Si vous en connaissez un bon, passionné sur votre espèce et pertinent, vous aurez des échanges appréciables, des retours d’expérience intéressants pour vous inspirer. Toutefois, vous gagnerez du temps et lui aussi en vous renseignant sur la base du maintien avant votre venue en magasin. Aujourd’hui, internet regorge d’informations, les livres n’ont jamais été aussi faciles à trouver et rapides à acheter. Une grande partie des informations de base peut donc être apprise avant tout achat. Vous pouvez ensuite parler détails concrets, retour d’expérience avec le vendeur qui maintien aussi cette espèce. Et surtout, cela vous évitera de déprimer des vendeurs en demandant des choses bien peu compatibles avec le bien-être de l’animal en captivité, comme maintenir un Gutt adulte dans un terrarium de 45x45cm ou sans chauffage… 

Ne pas céder à l’achat coup de coeur

Lorsqu’on fait remarquer à certaines personnes peu renseignées l’état de leurs connaissances sur l’espèce, la réponse est souvent « c’était un achat coup de cœur donc on se renseigne après ».

Cela revient donc aux problèmes du début. Si vous êtes tombé lors d’un vendeur non spécialisé au moment de votre achat coup de cœur, vous avez pu recevoir de mauvais conseils, acheter du matériel inadapté, et donc prendre un mauvais départ. Au mieux vous risquez de le découvrir sur les groupes Facebook sur lesquels vous partagerez l’arrivée de votre nouveau venu, au pire vous l’ignorerez et pourrez avoir des problèmes de santé, d’évasion ou autre avec votre animal.

Bien sûr, un achat coup de cœur est toujours possible, lorsque l’on connait déjà l’espèce !  C’est moins recommandé lorsqu’on la découvre totalement… Même au sein des reptiles, ou même de la famille des ophidiens (serpents), il peut y avoir des différences de maintien d’une espèce à l’autre. Certaines peuvent avoir des similitudes et être faciles à découvrir, d’autres quasiment impossibles à maintenir en vie même en étant renseigné… Certes ce n’est pas le cas des Gutt, mais si ce sont des serpents considérés comme « pour débutants », ils ne sont pas immortels pour autant… Avec ces animaux, lorsqu’un symptôme survient c’est que le problème est déjà grave. Ne négligez donc pas la période de renseignement.

En conclusion, le travail de vendeur en animalerie n’est pas tout rose, et surtout, les vendeurs n’ont pas vocation à être votre seule source d’information. En achetant auprès d’un éleveur professionnel, vous aurez davantage d’informations fiables (mutation, date de naissance) qu’après d’une animalerie généraliste. Mais quel que soit votre lieu d’achat, l’adoption d’un animal demande d’accumuler des connaissances, notamment techniques dans le cas d’un reptile. Préférez toujours décaler un achat et prévoir plus de temps de préparation que d’acheter un spécimen sur un coup de tête… Même en animalerie, ils sont généralement capables de réserver un animal quelques jours.

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