Herping : un champignon infecte nos serpents sauvages

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Le Muséum d’Histoire Naturelle a informé le 22 juin 2017 qu’une nouvelle pathologique fongique (champignon), originaire des Etats-Unis, a été détectée.

Cette maladie est provoquée par le champignon nommé Ophidiomyces ophiodiicola. Il provoque des lésions cutanées qui défigurent le serpent, l’empêchent de manger et provoquent sa mort. La pathologie a été nommée SFD : Snake Fungal Disease (maladie fongique du serpent).

D’abord détectée aux Etats-Unis, celle-ci y infecte une quinzaine d’espèces, comme :

  • Sistrurus catenatus, une espèce de crotale à sonnettes,
  • Nerodia sipedon,
  • Coluber constrictor,
  • Pantherophis obsoletus
  • Crotalus horridus,
  • Sistrurus miliarius,
  • Lampropeltis triangulum.

Entre 2006 et 2007, elle aurait réduit de 50% la population de Crotalus horridus dans l’état du New Hampshire.

Vous trouverez des photos de cette maladie sur la page du site USGS dédiée à cette maladie.

La maladie serait présente dans la nature aux Etats-Unis et au Canada, mais a aussi été détectée chez des serpents en captivité en Angleterre, en Australie et en Allemagne. L’agent pathogène a également été trouvé chez des vipères et des couleuvres à collier sauvages au Royaume-Uni.

Le vecteur de propagation n’a pas encore été identifié. Et si la maladie a été détectée aux Etats-Unis à cause de la mortalité qui frappe certaines espèces, son origine initiale est peut-être autre.

Le problème que pose la présence de cette maladie chez des spécimens en captivité, est que l’on peut en cas de herping, imaginer que le propriétaire d’un reptile infecté transmette involontairement la maladie à des spécimens sauvages.

Des serpents importés et porteurs, relâchés dans la nature, pourraient aussi très bien contaminer les populations sauvages.

Les serpents autochtones sont déjà suffisamment en danger, nous n’avons pas besoin de leur ajouter ce fléau… D’autant que cela pourrait aussi impacter nos populations captives de terrariophilie.

Si vous faites du herping, évitez donc de manipuler des serpents (pour rappel, c’est d’ailleurs interdit par la loi… On regarde mais on ne touche pas 😉 ).

Une maladie similaire pourrait menacer nos tritons et salamandres françaises. Il s’agit de Batrachochytrium salamandrivorans, un champignon origine d’Asie du Sud, arrivé par les amphibiens d’importation. Pas encore détecté en France, il progresse néanmoins en Europe. Si certaines maladies sont inoffensives pour les espèces du pays d’origine du champignon, c’est parce qu’elles cohabitent avec cette maladie depuis des milliers d’années, et ont développé des anticorps. Ce qui n’est pas le cas des espèces du reste du monde.

Ceci pour faire prendre conscience que la mondialisation et le commerce d’espèces exotiques peut menacer nos espèces locales. Comme l’ont fait plus directement les tortues de Floride ou les écrevisses américaines, en attaquant les œufs de poissons et d’amphibiens de nos mares et rivières.

En conclusion ?

  • Ne relâchez jamais un reptile exotique dans la nature ! Il peut concurrencer des espèces locales, ou apporter des maladies auxquelles nos reptiles français ne sont pas préparés. Des associations de reptiles ou des groupes Facebook de dons existent pour replacer vos reptiles.
  • Évitez de manipuler les reptiles et amphibiens sauvages. Sans le savoir, peut-être leur transmettrez-vous une des maladies citées.
  • Si vous remarquez des symptômes étranges chez des amphibiens ou reptiles sauvages, prenez des photos, notez l’endroit où vous l’avez trouvé et informez un organisme de protection des animaux (LPO, ONCFS, Société herpétologique de France…)
  • Privilégiez les espèces NC. La terrario possède déjà énormément d’espèces reproduites en captivité, vous y trouverez sûrement votre bonheur 😉 Cela évitera des prélèvements qui participent peut-être à la propagation de maladies.

Consultez l’article de la Ferme Tropicale partageant le communiqué du Museum d’Histoires Naturelles pour plus d’informations.

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